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L’éleveur paléontologue

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Des aurochs en Charente - L’éleveur paléontologue
Xavier Chanssard est éleveur d’aurochs en charente. © Jean-Michel Nossant

Quand il était adolescent, Xavier Chanssard a découvert un site de mastodontes. Aujourd’hui, il vit sa passion pour la préhistoire en élevant des aurochs en Charente.

Il collecte des indices aussi fascinants que fragiles des origines de l’humanité. Xavier Chanssard a tôt contracté le virus de la préhistoire. Jeune chasseur d’ammonites et de silex durant son enfance, il décide de se consacrer aux fouilles dès l’âge de 14 ans.

Le déclic au collège

Le déclic survient lors d’une conférence donnée dans son collège de Charente, par le professeur André Débénath, l’un des plus illustres préhistoriens en France, décédé en 2016. « Je lui ai demandé de m’emmener avec lui. J’étais si déterminé que j’ai obtenu une dérogation du gouvernement afin de participer, même mineur, à des recherches. »

Six campagnes de fouilles

À 56 ans, cet ancien entrepreneur de travaux publics se souvient encore avec émoi de ses débuts sur les pas des premiers hommes. « Je passais mon temps à chercher des traces. De 14 à 20 ans, j’ai réalisé six campagnes de fouilles sur l’époque néandertalienne en Europe, en particulier dans les grottes de la Chaise, à Vouthon, dans mon département. La Charente dispose d’un patrimoine préhistorique aussi riche que celui de la Dordogne. »

« Au fond d’une vallée, des fresques attendent d’être découvertes. »

Sa détermination le mènera, à l’âge de 16 ans, à découvrir un exceptionnel site de mastodontes, non loin de chez lui. À la même époque, il mettra à jour d’anciennes traces de feu réalisées par l’homme de Néandertal. « C’est fou d’imaginer la scène. Ça m’a toujours fasciné. »

Mais l’homme de terrain, qui se rêvait en professeur, butera sur un cursus trop scolaire. Il part alors pendant dix ans en Afrique, construire des ponts, des routes et des écoles… Mais dans un coin de sa tête, la préhistoire le taraude. Il revient à Nanteuil-en-Vallée (Charente) au début des années 2000. Sur les terres de son grand-père, il monte un élevage d’aurochs, l’ancêtre pré­historique­ des bovins. Avec 150 spécimens, il détient aujourd’hui le plus grand troupeau français. Une passion dont il vit. « Je propose à la vente de la salaison, du chorizo, du jésus et des plats cuisinés que je produis moi-même. »

Éleveur également de vaches limousines et de porcs noirs gascons, Xavier Chanssard ne dispose plus d’assez de temps pour les fouilles, admet-il. Il reste toutefois persuadé que « quelque part, au fond d’une vallée ou d’une caverne, des fresques attendent toujours d’être découvertes ».

Rosanne Aries

L’aurochs reconstitué

Le dernier spécimen a disparu en 1627. Les 450 aurochs élevés aujourd’hui en France (7 000 en Europe) ont été « reconstitués » dans les années 1930. « À partir de critères retrouvés sur les peintures rupestres, des races bovines domestiques ont été croisées pour obtenir ces cornes en lyre et cette robe fauve charbonnée marquée par une décoloration sur sa ligne dorsale », explique le vétérinaire Claude Guintard (1).

(1) Auteur du livre L’Aurochs. De Lascaux au XXIe siècle (2018).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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