«Le tir à l’arc ? Ce n’est pas compliqué. Soit on aime, soit on déteste », lance Pascal Lallemant, le verbe joyeux. Pour lui, tout a mal démarré. La première fois que cet agriculteur, qui cultive des céréales et de la vigne dans la Marne, s’est exercé, il n’a pas visé une seule fois dans la cible. « J’avais utilisé un arc classique. Une personne m’a conseillé de tester un modèle à poulie. Ce fut la révélation. Sur les six flèches tirées, cinq ont transpercé le carton. » Pascal a immédiatement adopté cet instrument plus puissant et plus rigide, avec lequel il réalise des pointes de vitesse à plus de 300 km/h !

Un modèle à poulie

Avec son compagnon d’arme, il pratique le tir de campagne depuis une vingtaine d’années au club de la Compagnie des Archers vertusiens et en compétitions. Aujourd’hui dans la catégorie des vétérans, Pascal participe chaque année aux championnats de France et au tournoi des cinq nations (France, Belgique, Allemagne, Hollande, Luxembourg). « Nous devons atteindre une vingtaine de cibles au sein d’un parcours balisé en forêt, qui comporte des pentes pouvant atteindre jusqu’à 40 % de dénivelé, détaille-t-il. Nous partons par peloton de quatre tireurs. Chacun a droit à trois flèches pour parvenir au but. »

Concentration et bon mental

Au-delà de la condition physique, ce sport exige de la concentration et un bon mental. « Chaque flèche est différente, souligne notre archer. Pour avoir toutes les chances de réussir, il ne faut pas chercher la perfection mais s’appuyer sur la technique. » Il recommande d’ailleurs cette pratique aux enfants hyperactifs. « Ça canalise leur énergie, sourit-il. Nous le constatons au sein du club. »

« Il faut atteindre une vingtaine de cibles au sein d’un parcours balisé en forêt. »

Une fois n’est pas coutume, c’est son fils, Julien, qui lui a fait découvrir le tir à l’arc. « Nous l’avons inscrit dans le club du village, explique l’exploitant marnais. J’ai ensuite eu envie d’essayer à mon tour. »

Ensemble, ils ont pris part à plusieurs compétitions, chacun dans leur strate. Aux championnats de France 2019, Pascal a terminé à la seizième place, son meilleur classement, sachant qu’il se hisse généralement dans les vingt premiers. Mais son plus beau souvenir c’est en 2006, l’an­née où son fils a remporté le tournoi des cinq nations. « J’étais dans ma bulle », se rappelle-t-il.

Derrière les prix et les coupes, l’athlète a tissé grâce à cette activité un réseau d’amis un peu partout en France (l’Alpe d’Huez, le Puy du Fou, Noyon, Avignon, Nice…) ainsi qu’à travers l’Europe. « Nous connaissons mieux Bruxelles que Paris », plaisante ce bon vivant de nature. De cette discipline peu connue, Pascal, qui est aussi menuisier à ses heures, apprécie autant le challenge que la convivialité et les moments de partage qui se nouent entre les participants au fil des ans.

Chantal Sarrazin