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La trajectoire d’un agriculteur fonceur

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Champion du monde d’enduro - La trajectoire d’un agriculteur fonceur
Antoine Méo appartient à l’élite internationale des pilotes de moto : « J’avais la fibre et c’est devenu mon métier. » © Alexie Valois

Antoine Méo, 37 ans, est pilote professionnel de moto et plusieurs fois champion du monde d’enduro. Ce polyculteur éleveur des Alpes-de-Haute-Provence produit également des vidéos de visites d’exploitations.

Petit-fils d’agriculteurs, Antoine Méo appartient à l’élite internationale des pilotes de moto : « J’avais la fibre et c’est devenu mon métier. » Les constructeurs Kawasaki, Husqvarna puis KTM l’ont salarié pour remporter des courses sur leurs engins. Sa carrière a démarré tôt. Au Chaffaut-Saint-Jurson (Alpes-de-Haute-Provence), il passait tout son temps libre sur la ferme de ses grands-parents, Robert et Andrée. Il aidait aux soins des brebis et enfourchait sa moto, l’outil de liberté par excellence quand on grandit à la campagne. Son père lui répétait : « Si tu veux tenter ta chance en compétition, il faut le faire bien et t’entraîner vraiment. » À rouler chaque jour sur le circuit privé aménagé sur l’exploitation, le talent a jailli. À 15 ans, Antoine intègre l’équipe de France de moto-cross et devient champion d’Europe deux ans plus tard.

Circuit privé à la ferme

Sa ténacité le porte plus loin encore. En Sardaigne, il rate une épreuve d’enduro où il fallait traverser une rivière. Rentré en Provence, il construit un parcours identique pour améliorer sans relâche ses trajectoires et son temps. Un an après, en Espagne, le pilote devient champion du monde. Un titre qu’il conserve de 2010 à 2015. Capable de rassembler toute son énergie pour gagner, le sportif sait aussi « se réparer » quand il tombe, se blesse les genoux ou se brise les poignets. Il subit alors cinq opérations en douze mois. Un sacré handicap pour le trentenaire devenu agriculteur.

« J’aime ces épreuves spéciales qui se passent dans les champs. »

L’entraide familiale

Antoine s’est installé en 2012 avec son oncle, près de Digne (Alpes-de-Haute-Provence), en élevage allaitant. Quand il a remporté le Trèfle lozérien (1), il a préféré une récompense en génisses aubracs… Il raffole de « ces courses qui empruntent des chemins ruraux, de ces épreuves spéciales qui se passent dans les champs ». Son autre passion est l’agronomie. Pour cultiver blé dur, orge, légumineuses, courges, lavandins et immortelles, il s’est mis à « chercher de l’eau ». L’éleveur, qui entre-temps a rencontré sa femme, originaire de Reillanne (Alpes-de-Haute-Provence), a eu l’opportunité de reprendre il y a trois ans à Vinon-sur-Verdon (Var) une exploitation de 80 ha irrigués par le canal de Provence. Sa belle-famille lui apporte une aide bienvenue.

S’il demeure ambassadeur de plusieurs marques, Antoine ne pilote plus que trente jours par an. Au Dakar 2018, il termine 4e après trois semaines de course. L’homme affable poursuit sa trajectoire en se rapprochant des agriculteurs qui pratiquent quad ou moto, et en promouvant, via les réseaux sociaux, l’agriculture française.

Alexie Valois

(1) Trois jours de compétition de moto tout-terrain (enduro).

Sur les réseaux sociaux

Au début de 2021, Antoine Méo et le réalisateur Alban Terrier ont lancé sur YouTube, Instagram et Facebook « Antoine Méo agriculteur ». Ils publient des films didactiques destinés à tous les publics qui s’intéressent à l’agriculture d’aujourd’hui. Le dénominateur commun de ces visites d’exploitations est la passion pour les sports mécaniques que partagent les agriculteurs rencontrés.

Site : https://www.youtube.com/channel/UC12Gtdp4K0SE6vcIY7YdHbw

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Cet article est paru dans La France Agricole

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