«Un jour, je volerai. » Cette promesse faite à lui-même a germé dans l’esprit du jeune garçon à l’âge où il accompagnait son père sur des meetings aériens. Clément Mazaud, vingt-cinq ans, en Gaec avec ses parents, éleveurs sélectionneurs limousins à Clairavaux, dans la Creuse, vit aujourd’hui son rêve d’enfant. Installé aux commandes du petit AS202 Bravo, un monomoteur triplace de 160 CV, il s’apprête à s’élancer de l’une des plus petites pistes de France – 675 mètres de longueur – sur l’aérodrome de Saint-Laurent, aux portes de Guéret. Il a les yeux qui brillent et le cœur en émoi.

Prendre de la hauteur

« D’un premier vol “découverte” avec mon moniteur, un ancien pilote de chasse aussi expérimenté que pédagogue, à un véritable baptême, où nous avons survolé la Creuse au printemps 2017, tout m’a plu, raconte le jeune homme. J’ai alors décidé de prendre une licence au club pour passer le brevet de base de pilote d’avion. » Son premier vol en solo, en décembre 2018, reste gravé dans sa mémoire comme l’un des moments les plus forts de sa vie.

« Voler, c’est entrer dans la 3e dimension. »

Après l’obtention du brevet de pilote – repoussé à cause de la Covid-19 –, le prochain objectif de Clément est de passer une licence européenne de pilote, qui lui permettra d’emmener des passagers et de pouvoir voler à travers la France et l’Europe. Il a validé, fin avril, les épreuves théoriques englobant des connaissances approfondies sur l’avion et sa mécanique, le vol, la météo, la réglementation, l’usage d’une radio… « Chaque vol me conforte dans cette passion, qui m’a amené à faire des choix. Celui de ne pas acheter de moto, par exemple, sourit le jeune pilote. Survoler son exploitation, son village et tout paysage est époustouflant de beauté, quelle que soit la saison. Le pilotage est une formation perpétuelle comme le métier d’éleveur. L’un comme l’autre permettent de gagner en humilité face à une prise de risques et aux caprices de la météo, mais aussi d’avoir la fierté de réussir ce qu’on entreprend. »

Bien que passionné par son métier, les soins aux animaux et la génétique limousine, Clément, plutôt « casse-cou » d’après ses proches, cherchait un sport ou une activité physique source d’évasion. En prenant de la hauteur, aux sens propre et figuré, il a renforcé sa confiance en lui. « Voler, c’est entrer dans la 3e dimension. C’est plus accessible qu’on pourrait le croire en habitant sur le plateau de Millevaches. L’aérodrome de Saint-Laurent et ses fervents dirigeants sont une chance pour notre territoire », souligne-t-il, reconnaissant.

L’adepte de l’altitude poursuit ses rêves. Une fois sa licence validée, il partagera le bonheur de voler avec son père comme passager. Ce voyage les conduira certainement au-dessus de leur ferme… Il aurait aussi grand plaisir à louer un avion à Guéret et rejoindre la côte atlantique pour y passer quelques jours de vacances. Et pouvoir, un jour, afficher des milliers d’heures de vol !

Monique Roque-Marmeys