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Épris d’Orient, il ne perd pas le nord

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Portrait - Épris d’Orient, il ne perd pas le nord
Pierre Klein a reçu le Prix littéraire de L’Œuvre d’Orient 2020 pour son roman La Pérégrination vers l’Occident. © C. Yverneau

Retraité depuis deux ans, Pierre Klein, agriculteur dans l’Aisne, trouve désormais plus de temps pour écrire. Lauréat d’un prix littéraire, il sort un second livre qui relate l’histoire de la coopérative qu’il a présidée.

Assis dans le bureau de la demeure où il est né, Pierre Klein me montre avec un brin de fierté une photo à l’écran de son ordinateur. Sur celle-ci Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française, lui remet le Prix littéraire de L’Œuvre d’Orient 2020 pour son roman La Pérégrination vers l’Occident.

Le passé pour comprendre le présent

Le lauréat y relate la route vers Jérusalem de deux moines ouïghours­ chrétiens nestoriens. « Cette histoire qui se déroule à la fin du XIIIe siècle révèle les grands enjeux de l’époque, dont beaucoup demeurent d’actualité », observe l’agriculteur retraité de Missy-lès-Pierrepont (Aisne). Pour cet homme de 64 ans, le passé permet de mieux comprendre le présent. Bibliophile, il a dévoré, il y a vingt ans, un livre sur l’aventure de ces deux pèlerins. « Depuis, je fais des recherches et je voyage autour de ce récit. Paysan est un métier singulièrement stable. Alors j’aime m’évader par la lecture et en vrai. J’ai un réel attrait pour l’Asie, notamment l’Inde, où je suis parti, sac sur le dos, à 21 ans. »

« Quand on se décentre, on voit mieux les choses. »

Ingénieur agronome de formation, il a repris des études pour préparer le diplôme universitaire « Cultures et spiritualités d’Asie ». « C’est ma directrice de mémoire qui m’a poussé à publier ce roman. » L’érudit raconte son parcours du combattant pour trouver un éditeur. « J’ai essuyé soixante refus, avant que la maison suisse Olizane n’accepte. » Il versera ses droits d’auteur à l’archevêque chaldéen d’Erbil (Irak), un « homme formidable », rencontré lors d’un séjour au Kurdistan irakien.

Prendre de la hauteur

Pierre a présidé la coopérative Expandis pendant dix-huit ans. Il maniait avec autant d’aisance les chiffres que les mots. Avec sa plume, il a décrit cette expérience. L’homme, dont l’accessoire fétiche est l’écharpe, croit aux vertus du décentrement. Engagé au sein d’AFDI (Agriculteurs français et développement international), c’est en échangeant avec des producteurs de cacao malgaches qu’il a mieux compris ce qui se passait dans sa coopérative. « Dans un contexte différent, ils faisaient face aux mêmes réalités mais les exprimaient autrement. En changeant de point de vue, on voit mieux les choses. » Pas étonnant que le globe-trotteur aime l’altitude. « Avec mon épouse Marie, nous connaissons bien l’Himalaya, les paysages sont sublimes, les gens charmants et les temples bouddhistes un émerveillement. »

Le producteur de légumes, qui a passé la main sur l’exploitation et à la coopérative, conclut : « Réussir quelque chose, c’est parvenir à le transmettre. Pas pour que notre successeur fasse pareil, mais afin qu’il en garde les ressorts. »

Catherine Yverneau

Expandis : un modèle pertinent

Dans son livre Expandis, une dynamique agricole (1), Pierre Klein retrace l’évolution de cette coopérative. Il présente avec lucidité les échecs et les vraies réussites de ce leader français des légumes et des pommes de terre. Centrale de vente pour ses adhérents, cette structure a choisi de ne pas investir dans la transformation. Elle a ainsi révélé son efficacité et permis l’essor d’une zone sableuse de l’Aisne.

(1) 20,25 € sur les sites Fnac, Cultura…

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Cet article est paru dans La France Agricole

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