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Du champ à l’asphalte

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© A.-L. Durand

Polyculteur à Villemareuil, dans la Seine-et-Marne, Nicolas Brasseur troque régulièrement sa cotte de travail pour une combinaison de pilote de rallye.

« Je préfère courir des rallyes nationaux, qui proposent plus de spéciales (1) que les régionaux. Quitte à parcourir des kilomètres pour s’y rendre, autant en profiter un maximum », lance, dans un sourire, Nicolas Brasseur, agriculteur à Villemareuil, dans la Seine-et-Marne. Du pays, le trentenaire en a vu depuis qu’il pratique ce sport automobile : le Nord, la Dordogne, le Médoc… « Je participe, en moyenne, à sept ou huit courses par an, uniquement sur asphalte », dit-il.

Toujours une marge de sécurité

À l’adolescence, Nicolas passe de nombreux week-ends chez son oncle, qui lui transmet sa passion. « Il était garagiste et a commencé les rallyes vers vingt ans. C’est lui qui m’a tout appris », se remémore l’agriculteur. En 2004, ils se lancent ensemble dans la transformation d’une Peugeot 106 accidentée en un véhicule de course répondant aux critères du groupe FA, classe 6 (2). Le moteur est un S16 de 1 587 cm3 et 165 ch. Le duo fait équipe pendant plusieurs années dès lors que Nicolas a seize ans, l’âge requis pour être copilote. À vingt et un ans, le jeune homme prend le volant et participe à sa première compétition en tant que pilote. Depuis, il a amélioré sa voiture. « J’ai notamment ajouté une boîte 6 à crabots, plus performante que l’ancienne transmission », explique-t-il.

« Mon oncle m’a tout appris. »

Modeste, le sportif ne dit qu’à demi-mot qu’il gagne régulièrement dans sa catégorie. Quelles sont ses qualités pour atteindre ce niveau ? Être calme, rigoureux et raisonnable. « Je garde toujours une marge de sécurité dans les risques que je prends », confie-t-il. Et cela paie, puisque c’est la troisième fois qu’il est sélectionné pour la finale de la coupe de France, qui regroupe les meilleurs coureurs non professionnels.

Mais concilier ce loisir avec son métier d’agriculteur n’est pas toujours facile, d’autant que Nicolas cultive seul les 230 hectares de la ferme familiale qu’il a reprise en 2012. Titulaire d’un bac pro CGEA (3), le polyculteur s’organise comme il peut. « Je travaille beaucoup la semaine qui précède, afin d’être libre le week-end, explique-t-il. Mais j’ai parfois dû annuler ma participation. » Ce fut le cas pour la finale qui se déroulait cette année à la mi-octobre…

Le rallye est une affaire de famille chez les Brasseur, car son petit frère pilote aussi. Avec leur oncle, ils se retrouvent parfois sur les courses. « En plus, nous nous affrontons dans la même catégorie », s’amuse Nicolas. De quoi ajouter un peu de piment à un sport qui n’en manque pas !

Anne-Laure Durand

(1) Spéciales : épreuves chronométrées.

(2) Groupe FA : voiture de tourisme. Classe 6 : cylindrée comprise entre 1 400 cm³ et 1 600 cm³.

(3) CGEA : conduite et gestion de l’entreprise agricole.

Recherche copilote

L’équipage d’un rallye est composé d’un pilote et d’un copilote. Ce dernier annonce les caractéristiques de la route à son coéquipier. Nicolas en recherche un pour chaque course. Il en trouve le plus souvent grâce à son réseau de connaissances, mais il lui arrive de passer une annonce sur sa page Facebook. Le recrutement se fait également via des forums, forum-rallye.com, par exemple.

Site : www.facebook.com/nicolas.brasseur.92

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Cet article est paru dans La France Agricole

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