Environ 25 000 abonnés sur sa chaîne YouTube. Presque autant sur Instagram et un peu moins sur Facebook. À 23 ans, Noémie Dumont, alias Mimi Agri, est devenue une influenceuse sur les réseaux sociaux.

Passionnée de machinisme depuis son enfance

Conductrice de travaux depuis quatre ans auprès de l’ETA (entreprise de travaux agricoles) Porée à Saint-Romphaire (Manche), et fille d’éleveurs laitiers, elle se passionne depuis son enfance pour l’agriculture et, plus particulièrement, le machinisme. Cet attrait la pousse à s’orienter en lycée agricole vers un bac pro agroéquipement, suivi d’un BTSA GDEA (génie des équipements agricoles).

Deux formations peu fréquentées par les filles. « J’ai toujours été la seule de ma classe, témoigne-t-elle. J’ai commencé à diffuser des vidéos sur internet pour montrer à ces dernières que c’est faisable. Nous avons autant notre place que les hommes dans le milieu agricole, y compris au volant des tracteurs. »

Malgré une évolution des mentalités en apparence, Noémie constate que les stéréotypes ont la vie dure. « C’est injuste de voir que des préjugés peuvent encore nous empêcher d’avancer. Mais rien n’est impossible. J’ai trouvé une entreprise qui a su me faire confiance. Aujourd’hui, je ne regrette vraiment pas mon parcours, même s’il a fallu franchir des barrières. »

Une belle communauté

Cela fait six ans que la jeune femme a démarré les publications sur les réseaux sociaux. Rapidement, l’audience a grimpé. Actuellement, certains de ses posts sont visionnés plus de 100 000 fois. « Mes vidéos parlent de matériel agricole. C’est ma ligne éditoriale, explique-t-elle. Mon visage peut ou non apparaître, c’est selon. J’ai toujours aimé la photo et la vidéo. Je me suis formée en autodidacte grâce aux conseils et à l’entraide sur internet. »

« Je veux montrer aux filles que travailler dans le machinisme est possible. »

Son matériel de tournage se résume à deux appareils photo, un micro, une GoPro (une petite caméra tout terrain) et un drone. Elle est parfois sollicitée par des professionnels du secteur pour de la production vidéo . « Je ne peux pas répondre oui à tout, je dois gérer les priorités », avance-t-elle.

Entre son métier, sa passion pour les miniatures agricoles et la pratique du basket, Noémie admet avoir parfois du mal à trouver du temps pour cette activité sur les réseaux sociaux. « Il m’arrive d’envisager d’arrêter. Cependant, ce serait dommage. J’ai une belle communauté de gens derrière moi. Je noue aussi beaucoup de contacts avec des personnes d’horizons variés. D’ici quelques années, j’aimerais m’installer sur la ferme de mes parents, dans la Manche. Mais pas dans l’immédiat. Je suis trop heureuse, pour l’instant, de découvrir autre chose. Travailler en ETA c’est une vraie richesse. Les clients ont des pratiques très différentes et j’apprends le terrassement, la mécanique, etc. »

Alexis Dufumier