La FNSEA demande du concret. Dans un communiqué du 14 février, le syndicat martèle : « C’est la dernière ligne droite, les négociations se terminent le 1er mars. Il est temps pour les agriculteurs de bénéficier de revalorisations de prix, dans tous les secteurs pour tous les volumes. » La FNSEA estime à « au moins un milliard d’euro la valeur supplémentaire dégagée dans la filière alimentaire » en 2019.

Pourtant, suite au dernier comité de suivi des relations commerciales, le ministre de l’Agriculture et la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances déclaraient le 12 février que « les négociations se déroulaient dans un climat plus apaisé que les années précédentes et que des points positifs sont à souligner ».

Le syndicat reconnaît que la révision des lignes directrices de la DGCCRF (1) sur l’encadrement des promotions, le renforcement des contrôles, ainsi que certains accords signés « qui montrent la volonté des signataires d’atteindre l’indicateur de coût de production » sont des « signaux positifs ». « Nous abordons néanmoins ces accords avec discernement, car au-delà des annonces c’est bien la réalité du prix final payé aux producteurs qui importe », déclare la FNSEA.

Prolonger l’expérimentation

La FNSEA dit « accueillir favorablement » le prolongement de l’expérimentation sur le seuil de revente à perte et l’encadrement des promotions. En effet, l’article 44 du projet de loi d’accélération et de simplification de l’action publique, déposé par le gouvernement auprès du Sénat début février, prévoit de prolonger de 30 mois au plus l’expérimentation sur le relèvement du seuil de revente à perte et l’encadrement des promotions initiée par la loi alimentation.

Le gouvernement estime que la durée de deux ans initialement prévue pour expérimenter ces outils est « insuffisante » pour observer un effet sur le revenu des agriculteurs. Le projet de loi doit maintenant être examiné à l’Assemblée nationale et en commission mixte paritaire avant d’être adopté.

Marie Salset

(1) DGCCRF : direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.