Faisant suite à la présentation par le ministère des scénarios en vue de la répartition des paiements par hectare en 2015, l'AGPB (Association générale des producteurs de blé) a publié ses revendications ce lundi 29 juillet 2013 dans un document.

« Il faut impérativement éviter que la redistribution des aides de la Pac expose les producteurs de grains français à de lourdes distorsions par rapport à leurs homologues européens », insiste l'AGPB. Selon le syndicat, « les intentions des autorités allemandes, en particulier, sont maintenant connues. Elles ne mettront pratiquement en oeuvre aucune redistribution alors que leur niveau d'aides céréalières est déjà un peu supérieur au nôtre. »

Pour l'AGPB, les baisses d'aides directes entre 2010 et 2019 qui apparaissent dans les simulations sont, comme le reconnaît le ministère, fortement sous-estimées. En effet, « elles ne prennent pas en compte ni la baisse de l'enveloppe totale des paiements directs, ni les prélèvements supplémentaires sur cette enveloppe au titre des aides couplées et JA ».

Par exemple dans le scénario 2 (pas de paiements redistributifs, convergence à 60 % en 2019), le ministère indique -6 % pour les aides moyennes en grandes cultures, les simulations effectuées par l'AGPB aboutissent à :

• -20 % pour une exploitation correspondant à la moyenne statistique (120 ha, 295 €/ha au départ),

• -11 % pour une exploitation de 250 ha en zone à faible potentiel avec 250 € de paiement à l'hectare au départ,

• -27 % pour une exploitation de 150 ha en zone productive avec 350 € de paiement à l'hectare au départ.

Dans le scénario 3 (30 % de paiements redistributifs, convergence à 100 %), là où le ministère indique -14 % pour les aides moyennes en grandes cultures, la différence est encore plus flagrante avec les simulations de l'AGPB, qui aboutissent à :

• -29 % pour l'exploitation moyenne comme pour l'exploitation en zone à faible potentiel,

• -44 % pour l'exploitation en zone productive.

Ainsi, « avec un paiement redistributif tel qu'envisagé dans le scénario 3, l'écart des paiements directs entre céréaliers français et allemands pourrait représenter l'équivalent de 15 à 20 € la tonne de blé au détriment des premiers, chiffre l'AGPB. Nos voisins seraient ainsi excellemment armés dans des phases de dépression des marchés des grains pour s'adapter et pour approvisionner à moindres prix les marchés des grains. Ils tireraient également avantage de cet écart de paiements directs sur les marchés de la viande blanche (60 % des porcs produits en Allemagne proviennent des exploitations céréalières). Au-delà des exploitations de grandes cultures françaises, bien des filières qui leur vendent, qui leur achètent, qui utilisent leurs productions souffriraient également de pareille distorsion. »

Pour l'AGPB, il est aussi nécessaire de prendre en compte « la situation des exploitations des zones à faible potentiel, plutôt grandes par la taille mais à plus faibles rendements et références historiques de DPU. Les ponctions opérées sur l'enveloppe globale ne doivent pas conduire à une baisse insupportable de leurs paiements.»

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