« Cette Pac, c'est celle des grands exploitants et de l'agro-industrie. Cette Pac, c'est acter une agriculture à deux vitesses. Cette Pac, c'est l'inverse d'une ambition politique. » Ainsi la Confédération paysanne a-t-elle réagi aux annonces faites mercredi par le président de la République au Sommet de l'élevage.

« Après des années de négociations européennes et des mois d'un simulacre de concertation au ministère de l'Agriculture, Xavier Beulin est allé hier rue de Varenne écrire sa Pac pour l'agriculture industrielle. C'est l'unique conclusion qu'on peut tirer du discours prononcé [...] au Sommet de l'élevage de Cournon par le président de la République. Loin des promesses d'une Pac pour l'emploi et l'élevage, les avantages acquis de certains sont conservés, cachés sous des demi-mesures qui ne servent que d'alibi « de gauche » à une politique de lobbyistes », regrette la Confédération paysanne dans un communiqué du 2 octobre 2013.

« La majoration sur les 52 premiers hectares, c'est LA mesure de Stéphane Le Foll, arrachée fièrement à Bruxelles avec la possibilité d'y consacrer 30 % du budget. Pourtant, malgré tout, l'enveloppe sera limitée à 20 %, histoire de ne pas trop amputer les revenus des grandes exploitations. Le comble serait de la mettre en oeuvre de façon différenciée et non forfaitaire ce qui réduirait presque à néant l'effet redistributif. »

« La convergence a elle aussi été réduite comme peau de chagrin. Avec un objectif de seulement 70 % en 2019, cela maintient l'iniquité du système en libérant une enveloppe moindre pour améliorer les DPU les plus faibles. »

« Comme si tout cela ne suffisait pas, le verdissement des aides sera basé sur les références historiques, donc en décalage total avec la réalité, et au bénéfice, encore, des plus gros bénéficiaires. »

« L'ICHN, c'est l'alibi de service pour faire passer la pilule de l'abandon d'une vraie majoration et d'une convergence effective aux zones difficiles alors qu'elles ont aussi besoin d'une revalorisation des paiements découplés. En y ajoutant un plafonnement à 75 ha et en l'élargissant au lait de piémont, l'augmentation promise risque d'être minimisée. »

« Cette Pac, c'est celle des grands exploitants et de l'agro-industrie. Cette Pac, c'est acter une agriculture à deux vitesses. Cette Pac, c'est l'inverse d'une ambition politique. »

« Nous continuerons cependant de nous battre. Sur la répartition des aides couplées qui ne devront pas oublier les petits ruminants ainsi que les fruits et légumes, pour des droits à paiement de base pour tous, même en viticulture, etc. parce chaque once de réforme positive qu'on daignera nous concéder sera toujours un plus pour les paysans qui ont été clairement oubliés aujourd'hui », conclut la Confédération paysanne.

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