« Cet arrêté [publié au Journal officiel le 27 juillet 2019, N.D.L.R.] et ses nouvelles mesures sont en contradiction avec le droit communautaire et national. Nous allons immédiatement porter un recours au conseil d’État. » Tel est le message que Ferus, l’Aspas (1), la LPO (2), et la SNPN (3), quatre associations de protection de la nature, adressent au gouvernement ce 30 juillet 2019.

Deux ministères sur le banc des accusés

Dans un communiqué conjoint, elles rappellent que « les ministères de l’Écologie et de l’Agriculture viennent de publier un arrêté permettant le tir de 100 loups annuellement et facilitant d’autant les tirs, notamment dans des zones dites non protégeables. À l’heure des grands discours en faveur de la biodiversité, c’est une trahison honteuse et scandaleuse. »

Ces quatre associations accusent l’État français d’être « sous contrôle des lobbys agricoles qui refusent la cohabitation. Il n’arrive même pas à appliquer les 12 mesures de protections pourtant prévues au Plan Loup 2018-2023. La gestion du dossier du loup en France est victime d’une vision uniquement politique et en aucun cas rationnelle. »

Elles jugent les mesures anti-loup et les tirs mixtes de prélèvements, comme inefficaces. « Cette hausse conséquente du plafond de tirs cache l’échec cuisant de la politique, non pas de protection des troupeaux, mais de tirs. Mais l’État Français persiste dans cette posture. Ces dispositions sont connues pour être inefficaces, dangereuses pour la survie du loup en France. »

Plaidoyer pour les mesures de protection

Pour ces associations, les dégâts causés par le loup ne reculent pas à cause d’une « carence en protection des troupeaux ». Elles plaident pour « une véritable ingénierie de protection s’appuyant non seulement sur le triptyque berger/chiens de protection/parc de contention, mais aussi sur l’expérimentation de nouveaux moyens d’effarouchement et de protection. »

Et histoire de bien enfoncer le clou, les associations revendiquent « la mise en place, dès l’été 2019, d’une conditionnalité effective des indemnisations des dommages […] avec contrôle de la mise en œuvre des moyens de protection. Et l’abandon du concept de non-protégeabilité des troupeaux et de la gestion différenciée des tirs sur les fronts de colonisation. »

France nature environnement dénonce également cet arrêté ce 30 juillet 2019. « La France est le pays d’Europe où le montant des aides et indemnisations liées à la présence du loup est le plus élevé (de 8 à 20 fois plus), sans qu’aucune vérification de leur emploi ne soit effectuée, accuse l’association dans son communiqué. Il est celui où le nombre de victimes par rapport au nombre de loups présents est le plus élevé. »

« Il est également celui où le plus grand nombre d’abattages de loups est autorisé. Ne cherchez pas l’erreur : cela est le résultat concret de la démagogie avec lequel ce dossier est conduit. Cela coûte beaucoup, ne produit pas d’effets, et le gouvernement s’en moque puisque la seule à pâtir concrètement de cette situation est la population de loups. »

E.R.

(1) Association pour la protection des animaux sauvages

(2) Ligue pour la protection des oiseaux

(3) Société nationale de protection de la nature