Cette désignation, « sur proposition de la ministre de l’Education et de la Recherche » Najat Vallaud-Belkacem, sera effective au 27 juillet, selon le compte rendu écrit du Conseil tenu ce mardi à l’Elysée.

« Proposée », selon la formule consacrée, par François Hollande le 5 juillet, elle avait donné lieu à des controverses : des élus de droite avaient dénoncé des « conflits d’intérêts » et un « recasage » du collaborateur de M. Le Foll, ministre proche du chef de l’Etat.

Les présidents des groupes LR et UDI de l’Assemblée et du Sénat avaient demandé au président de « surseoir » à cette nomination, également contestée en interne.

« Parachutage politique »

Une pétition hostile à cette nomination a rassemblé près de 3.000 signatures, dont 1.900 personnels des équipes de l’Inra, qui dénonçaient un « parachutage politique ». Les signataires reprochent notamment à M. Mauguin de ne pas être titulaire d’un doctorat. L’actuel titulaire du poste, François Houllier, était candidat à sa propre succession.

Ingénieur général des ponts, eaux et forêts, M. Mauguin, 52 ans, a suivi une spécialisation en socio-économie de l’innovation à l’Ecole des Mines de Paris. Il a promis de compenser son absence de doctorat par « plus d’humilité ».

Stéphane le Foll avait aussi pris la défense de son bras droit en soutenant la candidature d’« un haut fonctionnaire qui a servi pendant 30 ans la fonction publique dans le domaine de l’agriculture ». Il avait rappelé qu’une commission d’experts serait chargée de transmettre un avis sur les deux candidats.

Le 13 juillet, les commissions des Affaires économiques de l’Assemblée et du Sénat avaient donné un avis favorable à la nomination de M. Mauguin, après un vote relativement serré, surtout au Sénat.

Le président de l’Inra est nommé pour une durée de quatre ans, renouvelable une fois par décret pris sur proposition du ministre chargé de la Recherche et du ministre chargé de l’Agriculture.