L'assemblée générale de Races de France (ex-France Upra sélection), le 28 mai 2013, a donné l'occasion aux représentants des races animales de débattre de la future Pac. Les différentes races d'élevage ont des intérêts convergents sur certains points (en particulier la surprime sur les cinquante premiers hectares), mais ils sont en concurrence sur d'autres aspects.

Ainsi, la convergence des aides directes serait défavorable aux éleveurs de bovins laitiers et aux engraisseurs, tandis que les éleveurs ovins et caprins se frottent les mains. Ces derniers revendiquent également le maintien – voire la hausse – des aides couplées en leur faveur, mais les éleveurs de vaches laitières et ceux de chevaux de trait y prétendent aussi. Or, ces aides couplées seront issues d'une enveloppe fixe (un pourcentage du montant des aides du premier pilier de la Pac, encore en négociation au niveau européen).

« Plus il y aura d'éleveurs à partager ce gâteau, moins il y en aura pour chacun, soulignait, désabusé, un participant. Tout le monde ne pourra pas être servi. » Car chacun estime être prioritaire : les éleveurs d'ovins et de caprins ont longtemps été défavorisés par les critères de versement des aides ; ceux de bovins laitiers veulent compenser la baisse des DPU, d'autant que leur filière n'est toujours pas sortie de la crise.

Quant à France Trait, qui fédère les associations des neuf races de chevaux de trait, elle a appelé à reconnaître la filière équine « comme un acteur agricole à part entière ». A ce titre, et compte tenu des difficultés auxquelles elle est confrontée aujourd'hui, elle réclame que la filière bénéficie elle aussi d'aides directes, couplées comme découplées. L'Etat ne s'est pas encore prononcé à ce sujet.

Le second pilier de la Pac, plutôt favorable aux éleveurs, a lui aussi suscité des inquiétudes. Ainsi, l'actuelle PHAE (prime herbagère agroenvironnementale) devrait disparaître. Elle serait remplacée par différentes mesures, comme des nouvelles MAE (mesures agroenvironnementales).

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E.C.