« L’augmentation des effectifs a accéléré à partir des années 2000 et la demande en vaches aubracs s’est petit à petit développée hors de son berceau d’origine », se félicite Yves Chassany, le président de l’Union Aubrac. Sur les 630 adhérents de l’Union Aubrac, comptant pour 25 % du cheptel français, un tiers est localisé hors du Massif central.

« Traditionnellement race de massif, l’aubrac est de plus en plus sollicitée en plaine, par des éleveurs souhaitant simplifier leur système d’élevage, en faisant le choix d’une race moins exigeante, capable de valoriser les zones impropres aux cultures. »

Succès à l’international

« La demande en vache aubrac d’élevage est forte hors de nos frontières mais ; malheureusement, la FCO et l’embargo russe freinent beaucoup les envois, regrette Yves Chassany. De nombreux éleveurs irlandais sont notamment intéressés, mais ils se heurtent à des consignes sanitaires trop contraignantes. Dernièrement, une soixantaine de génisses ont été envoyées en Lituanie. Nous avons également eu des expériences concluantes au Kazakhstan et, il y a plus longtemps, en Sibérie. La capacité d’adaptation de l’aubrac n’est plus à démontrer ! »

Le président se montre interrogatif vis-à-vis des contraintes sanitaires françaises : « À force de vouloir laver plus blanc que blanc, j’ai peur que nous nous tirions une balle dans le pied. C’est regrettable, surtout au regard du haut niveau de la génétique française. » Et de déplorer « l’extension quasi exclusive de la race angus, alors qu’une race comme l’aubrac pourrait, dans certaines conditions, être tout aussi intéressante économiquement. »

Une race dans l’air du temps

C’est d’ailleurs vers des qualités similaires à celles de la race anglo-saxonne que l’Union Aubrac souhaite s’orienter. « Avec le développement de la génomique, nous avons tout intérêt à mettre en avant des animaux dotés d’une précocité plus affirmée et capables de s’engraisser sur une base d’herbe. »

L’ambition affichée n’est pas de conquérir la planète, mais de « participer à la valorisation des territoires présentant un handicap naturel, par le développement d’un élevage différencié. » La race aubrac, c’est avant tout « un équilibre entre rentabilité et qualité de vie pour les éleveurs ».

En plus de répondre aux aspirations d’un nombre croissant d’éleveurs, l’aubrac correspond aussi « à la demande des consommateurs qui sont de plus en plus nombreux à souhaiter manger moins de viande mais de meilleure qualité », conclue Yves Chassany.

Valérie Scarlakens