Supérieurs aux années précédentes, les rendements en pois d’hiver s’élèvent de 45 à 60 quintaux par hectare, avec des pointes à 70 q/ha, et de 30 à 60 q/ha pour les pois de printemps. L’alternance de périodes sèches et de précipitations a favorisé la levée des semis d’hiver et de printemps.

Le succès de ces rendements repose également sur une période d’avril à mai optimale : des températures douces et continues accompagnées de précipitations régulières qui ont permis une floraison longue et la mise en place d’un nombre de gousses et de graines satisfaisant. Si la fin de cycle a parfois été écourtée par les très fortes températures et des stress hydriques souvent importants dans les terres à faible réserve utile, en pois de printemps cela n’a globalement pas trop affecté le remplissage des graines.

La féverole de printemps a été plus impactée par la phase de canicule de la fin de juin et du début de juillet. Son rendement a été limité à 30-40 quintaux par hectare dans le Centre-Ouest. Des rendements de 50 à 55 q/ha ont toutefois été atteints en Normandie.

Maladies et ravageurs freinés

Les conditions de l’année ont limité le développement de maladies, excepté dans le Sud-Ouest en féverole d’hiver (botrytis). Présents dans le nord de la France, les ravageurs (pucerons, bruches, tordeuses) ont été freinés par les températures fraîches du début du printemps. La qualité des graines en a toutefois été affectée.

« Les résultats de la récolte ainsi que la nécessité de diversifier les systèmes de cultures pour faire face aux aléas climatiques devraient encourager les agriculteurs à insérer des protéagineux, notamment du pois, dans leurs assolements dès l’automne 2019 », estiment Terres Univia (1) et Terres Inovia dans leur communiqué de presse commun diffusé ce 8 octobre 2019. Au niveau national, les rendements devraient s’élever à 45 q/ha en pois et 30 q/ha en féverole.

Différentes valorisations

Les féveroles récoltées pourront être utilisées en alimentation animale et approvisionner sous forme de graines décortiquées le marché de l’aquaculture du nord de l’Europe. Si la qualité des graines le permet, les féveroles pourraient se retrouver sur le marché égyptien de l’alimentation humaine.

Matière première de choix pour les unités industrielles agroalimentaires situées à proximité des bassins de production du nord de la France, le pois pourra aussi être valorisé en alimentation animale non OGM. Le niveau des taxes dissuade encore l’exportation du pois vers l’Inde.

Les protéagineux au cœur du futur plan protéines

Le futur plan protéines prévoit 200 000 hectares de protéagineux en plus à l’horizon de 2030, selon les filières animale et végétale rassemblées autour de Terres Univia. « Les protéagineux répondent aux défis agroécologiques et aux besoins en protéines non OGM, locales et durables de l’alimentation humaine et animale, ajoutent Terres Univia et Terres Inovia. Face à ces enjeux, il est nécessaire d’intensifier les efforts de recherche, de développement et de coopération en faveur des protéagineux. »

C.F.

(1) interprofession des huiles et protéines végétales.