« D’après les premiers éléments, on sait que l’incendie n’est pas d’origine accidentelle », confirme le lieutenant-colonel Quenehervé, de la gendarmerie de Tulle. C’est donc un acte de malveillance, qui a conduit à la destruction complète ou partielle de neuf engins de chantier présents sur le site du projet de serres de tomates de trois agriculteurs corréziens.

L’incendie s’est déclaré dimanche matin vers 5 heures, et les pompiers ont réussi à l’éteindre aux alentours de midi. Une équipe d’intervention spéciale aurait été mobilisée pour prévenir les pollutions aux hydrocarbures. D’après l’enquête en cours, les dégâts seraient estimés à environ 2,5 millions d’euros.

Attention, « sujet sensible »

« C’est un sujet très sensible en Corrèze, avec un contexte politique et juridique très complexe », confie le lieutenant-Colonel. Car si Geoffrey Goutule, Simon Desbandes et Jacques Faurel ont reçu le soutien des pouvoirs publics pour leurs serres, le projet suscite une forte opposition de la part de quelques habitants.

« C’est à contre-courant de la transition actuelle, et de la demande des consommateurs », martèle Philippe Revel, président de la Confédération paysanne et principale voix de la contestation contre le projet. Ce qu’il reproche aux serres : leur étendue, puisqu’elles empiéteraient sur une zone humide. Le financement des serres est son second motif d’indignation. Sur les 11 millions d’euros nécessaires, 20 % environ seront apportés par FranceAgriMer, et la communauté de commune mettra également la main à la poche. « Localement, les gens sont choqués par ces niveaux de dépense publique », lance Philippe Revel.

Mais l’incendie, pour lui, ne fait pas avancer la cause. « Ce ne sont pas des gens de mon entourage, ils n’emploieraient pas ce type de méthode pour bloquer le chantier », estime le représentant de la Conf’. Alors qui ? L’enquête en cours et les éventuelles mises en examen apporteront les réponses nécessaires.

Évoquant cet incendie, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, a évoqué mardi matin lors d’une conférence de presse, la multiplication des actes malveillants vis-à-vis des agriculteurs.

Ivan Logvenoff