Neuf candidats souhaitent racheter une part de 50 % du capital de Yoplait, n° 2 mondial des produits laitiers frais derrière Danone. Une opération dans laquelle le Fonds stratégique d'investissement (FSI) jouerait le rôle d'arbitre, selon le Journal du Dimanche dans son édition du 6 février 2011.

Le fonds d'investissement PAI Partners a reçu vendredi soir les offres des postulants, industriels et financiers, à la reprise de la participation de 50 % qu'il détient depuis 2002 dans Yoplait.

« Vendredi soir, le fonds PAI a reçu neuf offres d'achat non engageantes pour sa part de 50 % dans le numéro 2 mondial des yaourts », affirme le JDD dans son édition de dimanche.

Dans son édition de samedi, le journal avait fait état d'une quinzaine de candidats « à ce jour ». Parmi les industriels, le géant agroalimentaire suisse Nestlé, l'américain General Mills qui distribue Yoplait aux Etats-Unis, le mexicain Lala, le chinois Bright Food et le fromager français Bel (Babybel, Boursin, Vache qui rit) sont considérés comme les plus sérieux.

De son côté, Lactalis a déposé une nouvelle offre, après le rejet d'une première proposition en novembre, a-t-on appris lundi auprès du groupe de la famille Besnier. En novembre, Lactalis avait pris de court ses concurrents en offrant de racheter la totalité de Yoplait pour 1,4 milliard d'euros. Le groupe de la famille Besnier avait alors fait valoir son souci de maintenir Yoplait « dans le patrimoine national ».

PAI et Sodiaal avaient rejeté cette offre, Sodiaal entendant rester un actionnaire de long terme. Ils avaient également estimé que le prix proposé ne reflétait par la valeur véritable de Yoplait.

La mise en vente de la moitié de Yoplait est un sujet sensible qui pourrait rouvrir en France le débat sur le patriotisme économique. Les deux actionnaires actuels préféreraient en effet l'arrivée d'un étranger pour aider à l'expansion du groupe à l'international, notamment sur les marchés émergents.

Dans ce contexte, le FSI « se prépare à jouer le rôle d'arbitre », affirme le JDD. « S'il n'a pas vocation à racheter la part de 50 % de PAI dans Yoplait, le fonds souverain français s'inviterait dans l'opération, en minoritaire aux côtés d'un industriel français », ajoute le journal, selon lequel « le FSI aurait déjà pris contact avec Bel ».

La liste complète des prétendants et de leurs projets ne devrait être connue qu'au cours de la semaine prochaine. Celle des postulants les plus sérieux est attendue à la fin de février pour une décision à la fin de mars.

De son côté, « le gouvernement est attentif à ce que cela se passe bien pour les producteurs de lait français », a déclaré lundi un porte-parole du ministère, alors que les premiers candidats au rachat de la participation du fonds d'investissement PAI Partners dans Yoplait ont commencé à se faire connaître.

Le gouvernement est d'autant plus attentif à ce dossier qu'il s'était largement impliqué l'an dernier dans le rachat par Sodiaal du fabricant d'emmental Entremont, en grandes difficultés.