La crise du Covid-19, et le confinement qui en a découlé, avait limité les échanges internationaux jusqu’au mois de mai 2020. En juin, les importations comme les exportations ont repris du poil de la bête, avec respectivement une progression en valeur de 387 millions d’euros (+ 9 %) et 235 millions d’euros (+ 5 %) sur un an, a relevé Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture, dans sa note d’Infos rapides publiée le 12 août 2020. Les importations ayant augmenté davantage que les exportations, la balance commerciale française diminue de 152 millions d’euros sur un an (-35 %) pour atteindre 287 millions d’euros.

Le solde commercial des produits bruts devient excédentaire

Le solde commercial des produits bruts s’élève à 28 millions d’euros en juin 2020, en hausse de 33 millions d’euros sur un an. Il devient donc excédentaire, principalement grâce à la réduction du déficit commercial avec les pays tiers : + 122 millions d’euros.

Les exportations bondissent de 202 millions d’euros sur cette même période (+ 20 %), tirées principalement par les ventes de céréales. Ces dernières augmentent de 185 millions sur un an grâce à la progression des volumes vendus. Les exportations de blé tendre notamment augmentent de près d’un million de tonnes par rapport à juin 2019 avec comme principaux destinataires l’Algérie, l’Égypte et la Chine.

Les importations augmentent de 170 millions d’euros (+ 16 %) sur un an. Cette tendance est « portée principalement par les graines oléagineuses (+ 68 millions d’euros) […] et par les fruits », note Agreste. Le repli de la production française de colza a contraint à se tourner vers l’importation. Côté fruits, on retrouve les bananes de Côte d’Ivoire et de Colombie, les avocats du Pérou et du Kenya, et les agrumes, pêches et abricots espagnols.

Les ventes de vins et spiritueux souffrent toujours des taxes

Le solde commercial des produits transformés atteint les 259 millions d’euros en juin 2020, chutant de 185 millions par rapport à juin 2019. Principalement en cause, la baisse des ventes de vins et de spiritueux à destination des États-Unis, suite à la mise en place de taxes en octobre 2019, et à destination de l’Asie (Chine, Singapour, Japon). Les ventes à l’exportation augmentent malgré tout de 1 % sur un an grâce à la hausse des exportations de la majorité des autres produits transformés.

Les importations augmentent de 6 % en valeur, soit d’environ 218 millions d’euros sur la même période : « Les achats de produits de la première transformation des céréales, de chocolat et confiserie ou encore de produits préparés de la pêche apparaissent particulièrement en hausse avec respectivement + 35, + 30 et + 21 millions d’euros sur un an », constate Agreste.

Raphaëlle Borget