L'augmentation annoncée du prix du lait de 0,25 €/l « s'avère n'être qu'une avance de trésorerie », dénoncent la Coordination rurale (CR) et son Organisation des producteurs de lait (OPL) dans un communiqué du 14 mai 2013. La FNPL confirme que, dans le cadre des discussions avec le médiateur, « il n'a jamais été question d'une avance » et que, effectivement, « certaines entreprises ne respectent pas » les engagements pris. 

« Alors que les négociations nationales, qui font suite à la table-ronde de la filière laitière du 15 avril dernier, pouvaient laisser penser à une augmentation de 25 centimes du litre de lait pour le trimestre en cours, il apparaît aujourd'hui que cette "augmentation" s'avère n'être qu'une avance de trésorerie ! Encore un sale tour joué aux éleveurs ! »

La CR et l'OPL rapportent que « certains producteurs de lait reçoivent actuellement leur bordereau de règlement de lait d'avril, lequel fait état d'un complément de prix de 25 €/1.000 litres, associé à la mention suivante, portée en bas de la facture : « Une avance exceptionnelle d'un montant de 25 €/1.000 litres est versée sur le paiement sur le volume A du mois d'avril 2013. Cette avance exceptionnelle sera récupérée sur les livraisons du second semestre de 2013 selon des modalités qui seront communiquées ultérieurement. »

« Cette mesure d'avance financière n'ayant été précédée d'aucune information préalable, ni a fortiori d'aucune proposition afférente à une telle avance, elle devrait être a minima soumise à l'accord des producteurs de lait concernés. L'application de cette mesure de manière unilatérale est inacceptable. Elle l'est d'autant plus que les modalités de cette avance demeurent inconnues et leurs conséquences ne peuvent pas en être objectivement appréciées. »

La CR demande que « les droits des producteurs cocontractants soient respectés et que chaque producteur puisse choisir s'il souhaite ou non percevoir une telle "avance" ».

La CR et l'OPL considèrent enfin qu'une telle proposition « n'est qu'un maigre palliatif aux difficultés rencontrées par les éleveurs. Ces derniers n'attendent pas des avances, mais de réelles augmentations de prix prenant en compte leurs coûts de production qui ne cessent d'augmenter chaque jour », conclut le communiqué.

A la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), association spécialisée de la FNSEA, on confirme que « certaines entreprises ne respectent pas cet engagement mais les positions sont très hétérogènes » de l'une à l'autre. « Le médiateur avait proposé une hausse sur le deuxième trimestre pour faire face aux charges des éleveurs, mais il n'a jamais été question d'une avance ! », ajoute la porte-parole de la FNPL.