Comme en France, les éleveurs allemands ont été touchés de plein fouet par la dégringolade du prix du lait. Alors, dans les allées d’Eurotier, le sujet revient souvent au cœur des discussions. Pas question toutefois de s’en lamenter. « Ça va repartir, assure Andreas Kandzi, chez OHG Genetic, une entreprise de sélection génétique allemande. Le prix remonte doucement, il affiche 29 centimes aujourd’hui. »

De juin à septembre, certains éleveurs allemands ont vu leur lait payé à peine 20 centimes par litre. Ceux collectés par DMK, la plus grande coopérative laitière du pays sont témoins de la dégringolade des cours depuis juin 2015. À cette date, le lait était payé 27 centimes. Le groupe annonçait en octobre 2016 une hausse de 3 centimes, puis de 4 centimes ce mois-ci, pour atteindre 30 centimes.

Une turbulence après de bonnes années

« Il y a des fermes qui ne se relèveront pas, assure Luc Sassel, éleveur dans l’Orne et conseiller de gestion au Luxembourg. En Allemagne, aujourd’hui, la situation est encore plus grave qu’en France. Mais nombre d’éleveurs avaient assuré leurs arrières pendant les bonnes années. »

Même constat sur le stand de Gary Rogers, conseiller chez Geno Global, qui commercialise des doses de pie rouge norvégienne. « C’est compliqué en Allemagne, comme en Norvège, assure-t-il. Mais c’est encore pire aux États-Unis, d’où je suis originaire. Des fermes, même très grandes, souffrent de graves difficultés économiques, sans savoir si demain le prix va remonter. En Europe du Nord, les éleveurs ont vécu de très bonnes années, entre 2012 et 1015, avec parfois des payes de lait à plus de 400 €/1 000 l. Certains en ont profité pour investir là où leur exploitation en avait besoin, ils ont mis de côté, ils ont anticipé. Donc aujourd’hui, même si c’est difficile, ceux-là s’en sortiront, car le prix remonte et va monter encore, j’en suis certain. »

Hélène Chaligne