C’est une guerre de reproches qui n’en finit pas entre industriels et distributeurs. La semaine passée, au micro de France Info, Michel-Édouard Leclerc, PDG des magasins E. Leclerc, exigeait des transformateurs « qu’ils répercutent aux producteurs ce supplément d’argent », faisant référence à la revalorisation du prix du lait promise par l’enseigne. « On leur demande un engagement, mais pour le moment nous n’avons pas de réponse », ajoutait-il.

La réponse des industriels ne s’est pas fait attendre. « Sans une prise en compte de la volatilité extrême des marchés laitiers par la grande distribution française, l’impact réel de la hausse du prix du beurre sur la valorisation des produits laitiers fabriqués en France risque d’être décevant pour les producteurs de lait », indique la Fnil dans son communiqué.

« Les besoins en beurre sont couverts »

Alors que les cours du beurre poursuivent leur importante progression, la Fnil affirme que « le beurre industriel ne représente que 10 % des utilisations du lait en France, et beaucoup d’industriels ont couvert l’essentiel de leurs besoins en beurre jusqu’à la fin de l’année à des prix bien inférieurs aux cours actuels ».

Elle rappelle par ailleurs que « 80 % de la matière grasse laitière issue de la collecte française est valorisée dans les fromages et produits laitiers ultra-frais. Or, les prix de vente à la grande distribution n’ont pas du tout suivi le mouvement de hausse du beurre industriel ».

Difficile renégociation des prix

S’agissant du prix des marques nationales, la Fnil reproche aux distributeurs de « s’opposer à toute renégociation des prix des produits laitiers en cours d’année, en se retranchant derrière l’obligation d’une négociation annuelle imposée par la LME (1) ».

Pour les marques de distributeurs, elle relève la « timide ouverture à une revalorisation, limitée à certains produits comme le lait UHT, représentant une part très faible des produits laitiers commercialisés en grande distribution ». L’enseigne E. Leclerc appréciera.

Enfin, la Fnil évoque « la valorisation au plus bas de la protéine laitière, l’autre constituant qui détermine la valeur du lait collecté, plombée par les énormes stocks de poudre accumulés à l’intervention publique ».

V. Gu.

(1) Loi de modernisation de l’économie.