« Le crésus de Lactalis » : voici le surnom donné à Emmanuel Besnier, le PDG du groupe laitier, par le Modef, à la suite de la publication du classement Forbes. En effet, le propriétaire de Lactalis se hisse au huitième rang des fortunes françaises et au 116e rang mondial avec 11,3 milliards de dollars, soit 10,4 milliards d’euros. En réponse, le Modef dénonce le gouffre entre ces chiffres et ceux des revenus des éleveurs. « En 2016, 50 % des agriculteurs déclarent des revenus professionnels inférieurs à 4 248 €, soit 354 € de revenus mensuels », illustre le syndicat dans son communiqué du 22 mars 2017.

« Les inégalités s’aggravent »

« Les inégalités entre les éleveurs et les laiteries, les injustices sociales s’aggravent de plus en plus », dénonce le Modef. Selon le syndicat, c’est « la recherche du profit maximum imposée par les actionnaires des grands groupes fournisseurs de l’agriculture, des grands groupes de l’agroalimentaire privé ou coopératif » qui est en cause.

« Les exploitants familiaux sont excédés par des prix à la production qui ne cessent de se dégrader au fil des mois. Moins de revenu agricole, c’est moins de paysans, moins de diversité de produits agricoles, moins de qualité. C’est par conséquent plus d’industrialisation de l’agriculture, plus de productivisme au détriment de l’environnement, du territoire, de la vie économique et sociale », poursuit le communiqué.

Les politiques mises en cause

« Sans mesure permettant d’agir sur les prix, cette situation va continuer à se dégrader », met en garde le Modef, qui « dénonce avec fermeté les orientations politiques qui ont amenées à cette situation ». Le syndicat « demande que les organisations de producteurs (OP) et les petites coopératives défendent et protègent les exploitants familiaux et revendique que les agriculteurs puissent reprendre le pouvoir politique et de décision des coopératives et des OP ».

M.B.