« Le prix du lait de 2017 doit tendre vers son niveau de 2014 », répète la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) dans un communiqué du 15 février 2017. « Les distributeurs doivent prendre en compte ce besoin vital d’oxygène des producteurs de lait après deux ans de crise. La déflation des produits laitiers est inacceptable. »

« Il est faux de dire que la GMS (1) demande davantage de baisses de prix, expliquait hier à La France Agricole, l’enseigne Auchan. Au contraire, toutes les demandes ont été revues en inflation, et c’est encore plus vrai en lait, beurres et crèmes. » Mais avec l’opacité des négociations, impossible de démêler le faux du vrai.

Appliquer la loi Sapin 2

La FNPL « exige, pour les négociations commerciales en cours, le respect de la loi Sapin 2 qui oblige les négociateurs à fixer un objectif de prix du lait annuel », lit-on dans le communiqué. Mais « la loi Sapin 2 n’a pas changé fondamentalement la donne car les industriels ont pris prétexte de la date de promulgation pour ne pas respecter la mention du prix payé aux producteurs », rapporte à La France Agricole le représentant d’Auchan.

En effet, juridiquement les industriels ne sont pas obligés cette année d’inclure un prix prévisionnel payé aux producteurs. Seule leur bonne volonté pourrait faire changer les choses. « Je veux bien donner le prix du lait, mais je veux que la distribution donne également ses prix et fournisse ses marges, répondait Jean-Philippe Girard, président de l’Association nationale des industries alimentaire, le 13 février au micro de France Info.

Pointer les mauvais élèves

« Si les acteurs de l’aval de la filière persistent dans leur volonté de contourner la loi Sapin 2 au détriment des producteurs, la FNPL demande aux pouvoirs publics de faire respecter ce texte qui a été promulgué, il y a plus de deux mois. Dans le cas contraire, ce seront les producteurs de lait qui seront, sur le terrain, les gardiens de la loi face aux contrevenants. La FNPL n’hésitera pas à pointer les mauvais élèves », menace le syndicat.

M.B.

(1) Grande et moyenne surface.