« On tire à boulets rouges sur la spéculation en l'accusant de l'envolée des prix, mais quand on regarde les chiffres, on observe plutôt le contraire. Les fonds indiciels ont revendu des contrats, lors de la flambée de l'été de 2010 », a indiqué Renaud de Kerpoisson, président la société de conseil en gestion de risque de prix Offre et Demande Agricole, mercredi lors d'une conférence de presse.

« Le rôle de la spéculation sur les prix ne vient qu'après les comportements des opérateurs de marché. Si Barilla avait du mal à s'approvisionner en blé dur pour fabriquer ses pâtes, l'entreprise n'hésiterait pas à doubler ses prix d'achat, alors que le coût de la matière première représente pour l'industriel seulement 5 % du produit fini », a estimé le président d'Offre et Demande Agricole.

« La réforme de la Pac a transformé les agriculteurs en spéculateurs. Les céréaliers investissent, dans des intrants, sans savoir ce qu'ils vont gagner. C'est un peu comme jouer à la loterie. Dans ce contexte, les marchés à terme sont un outil central pour les agriculteurs, qui leur permet de gérer la fluctuation des prix », ajoute t-il.

A.Du.