« Il y a beaucoup de pays qui travaillent là-dessus, beaucoup de pays qui le permettent. Il serait absurde de ne pas se poser la question et c’est dans cet esprit que nous voulons travailler avec les porteurs du projet », a-t-il expliqué à la presse.

Aujourd’hui, 21 pays de l’Union européenne autorisent le cannabis à usage thérapeutique, mais pas la France. « Ce qu’ont dit les porteurs de ce projet est qu’il ne fallait pas s’interdire d’imaginer l’utilisation à des fins thérapeutiques des molécules qui sont contenues par cette plante », a poursuivi M. Philippe.

La Creuse, département pilote

Édouard Philippe était dans la Creuse pour signer avec les élus locaux un plan pour la revitalisation du bassin d’emploi départemental, lancé par Emmanuel Macron en octobre 2017. Ce « plan particulier pour la Creuse » comprend ainsi la possibilité d’une « création d’une filière chanvre thérapeutique ».

Le projet de cannabis thérapeutique dans la Creuse, comme l’un des axes de développement d’un des départements les plus pauvres de France, est emmené par Éric Corréia, président du Grand Guéret. Cet infirmier anesthésiste, formé à la prise en charge des douleurs, a rallié à sa cause d’autres élus locaux. Du côté parlementaire, l’initiative est appuyée par Jean-Baptiste Moreau, agriculteur et élu du département.

Jouany Chatoux, futur producteur de cannabis thérapeutique sur le plateau de Millevaches. © I.L./GFA

Et certains exploitants ont déjà répondu présents. Comme Jouany Chatoux, sur le plateau de Millevaches, qui a monté un container dans son hangar, en partenariat avec la société Grow, pour produire du cannabis grâce à la chaleur cogénérée de son méthaniseur. « On a commencé les semis, avec deux variétés inscrites au catalogue français en attendant l’évolution de la loi », explique Jouany. Les fleurs seront destinées, « dans un premier temps », à fournir des laboratoires pharmaceutiques.

Expérimentation encadrée

« Évidemment, on doit pouvoir réfléchir à innover, à expérimenter en le faisant de façon très encadrée. Il ne s’agit pas du tout de mettre en péril la santé publique. […] Nous souhaitons effectuer les choses de façon très encadrée », a insisté le Premier Ministre, « vous pensez bien que l’avis des plus hautes autorités qui encadrent l’utilisation des médicaments est indispensable ».

« Nous avons commencé à travailler au sein de l’Agence de sécurité du médicament à un développement du cannabis thérapeutique, qui semble pouvoir répondre à quelques douleurs chroniques chez des patients, des douleurs très difficiles à traiter. Il y a un besoin pour quelques pathologies, pour quelques maladies », a complété dans l’après-midi la ministre de la Santé Agnès Buzyn, en visite à Lyon.

« Nous travaillons aujourd’hui au sein de l’Agence, avec des groupes de travail de professionnels, à sécuriser, à encadrer, pour permettre le développement du cannabis thérapeutique dans notre pays. Ça n’ouvre pas évidemment au cannabis récréatif », a-t-elle ajouté, en marge de l’inauguration d’un nouveau pavillon de l’hôpital Édouard-Herriot, en service depuis septembre dans cet établissement phare des Hospices civils de Lyon.

Ivan Logvenoff, avec l’AFP