Pourquoi une telle décision ? Parce que le plafond du nombre de loups qui peuvent être prélevés s’approche : 83 à ce jour pour un plafond de 90. Les autorisations de tirs de prélèvement sont donc suspendues jusqu’au 31 décembre 2019. Il en est de même pour les autorisations de tirs de défense renforcées, individuelles ou groupées, pour les éleveurs dont les exploitations ont subi moins de 10 attaques depuis le début de l’année.

Des dérogations au compte-gouttes

« Au-delà de ce seuil, les tirs de défense renforcée demeurent donc autorisés, précise la préfecture des Hautes-Alpes dans un communiqué de presse diffusé hier. Les autorisations de tirs de défense simple restent valables, sauf consignes contraires. » Les éleveurs peuvent demander une dérogation à leur préfet mais elle sera étudiée au cas par cas par le préfet coordonnateur.

Inutile de préciser que les éleveurs sont remontés. « Nous ne sommes pas à 100, insiste Claude Font, de la FNO. Il faudrait a minima que les tirs de défense renforcés soient à nouveau autorisés. » Ce 5 septembre 2019, la FNDP, Fédération nationale du pastoralisme, la Coordination rurale, la FNO, Fédération nationale ovine et la FNSEA ont donc décidé de se rendre sur le stand de la LPO (1) à Tech-Ovin pour aborder le sujet de la prédation.

Les éleveurs se sont rendus sur le stand de la LPO à Tech-ovin pour parler du problème de la prédation. © M.-F. Malterre/GFA

Bruno Lecomte, éleveur dans les Vosges, a projeté un film sur l’importance du pastoralisme sur la biodiversité et a montré des images de brebis dévorées. Les éleveurs contestent la position de l’association qui revendique les suspensions de tirs. « Nous nous fondons sur la position des associations spécialisées sur les grands prédateurs, a argumenté Guy Labidoire, son représentant. Nous pensons que l’éleveur doit pouvoir se défendre, mais il a le devoir de se protéger. »

M.-F. Malterre

(1) Ligue de protection des oiseaux.