Les dégâts des ours au 20 octobre 2019 sont en forte augmentation. « L’Ariège concentre à elle seule près de 1 300 dommages sur les 1 500 recensés dans les Pyrénées », souligne Magali Lacube, membre de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège-Pyrénées (Aspap). Plus de 1 200 animaux domestiques ont été tués et 27 ruches dévastées.

Des absents à la réunion sur la feuille de route

En Ariège, c’est presque deux fois plus que l’année dernière, où 700 ovins, bovins, équins ou autres, ainsi que 16 ruches avaient été déclarés. Dans ce contexte, les représentants des éleveurs de l’Ariège, ne se sont pas rendus à la réunion de présentation « d’échange et de partage », sur l’ours et le pastoralisme le 24 octobre à Toulouse.

Les associations membres de la coordination Cap Ours ne s’y sont pas rendues non plus.

Ces dernières ont aussi porté devant le Conseil d’État et les tribunaux administratifs compétents les principales mesures de la feuille de route « Pastoralisme et ours » de l’État, notamment l’effarouchement.

L’ours en tête des mécontentements

Les éleveurs ariégeois, qui ont campé pendant deux jours et deux nuits, du mardi 22 au jeudi 24 octobre, devant la préfecture de Foix, pour signifier leur mécontentement sur les dossiers de l’agribashing, les ZNT (zones non traitées) ou de l’irrigation étaient très remontés au sujet de la prédation aussi.

« La problématique liée à l’ours reste la plus urgente à régler, insiste Magali Lacube, de l’Aspap. La tension sur les troupeaux est insupportable en estive. Quatre dérochements sont recensés cette année. Les éleveurs concernés sont dans une situation de détresse psychologique très délicate. »

La tension sur les troupeaux est insupportable en estive.Magali Lacube, membre de l’Aspap, Association pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège-Pyrénées

Étienne Guyot, le préfet de la Région Occitanie, a annoncé dans un communiqué le 24 octobre 2019 que « toutes les demandes de financement qui ont été exprimées ont été satisfaites, soit près de 7,6 millions d’euros répartis entre la protection des troupeaux contre la prédation, l’aide au gardiennage, l’animation pastorale et les travaux. » Le préfet s’est engagé à ce que toutes les prédations imputables à l’ours soient indemnisées.

Crédit d’urgence en forte hausse

Pour Magali Lacube, la question de l’indemnisation doit se régler autrement qu’avec une grille comme c’est le cas aujourd’hui. « Avec la prédation, nous subissons un préjudice qui doit être évalué par un expert. Les pertes d’exploitation doivent être clairement identifiées », indique Magali Lacube.

Dans son communiqué, le préfet souligne que « les moyens financiers en faveur du pastoralisme ont été fortement renforcés, notamment les crédits d’urgence. » Ils sont passés de 15 000 € en 2018 à 203 433 €, cette année.

M.-F. Malterre