Bonne nouvelle pour les éleveurs : la hausse des cours sur le marché porcin devrait se poursuivre. « On a observé un ralentissement lors du marché au cadran du 18 avril, mais ce n’est qu’une pause, due aux jours fériés », rassure Élisa Husson.

Car les fondamentaux sont encore haussiers, d’après les données de l’Ifip. « La hausse du prix au producteur sur les dernières semaines, de 1,38 à 1,55 € en France, est encore inférieure à ce qui est observé sur d’autres places européennes, comme en Allemagne. Des phénomènes de rattrapage sont attendus dans les semaines à venir », estime Élisa Husson.

Maintien des importations chinoises

« La Chine est le premier producteur, et le premier consommateur, mais elle a besoin d’importer énormément de volumes », rappelle Élisa Husson. Difficile d’avoir des statistiques fiables concernant les stocks chinois, mais la décapitalisation massive du cheptel semble pointer vers un maintien d’importations conséquentes de la part de l’empire du Milieu.

« La tendance était déjà à une réduction du cheptel reproducteur, mais la peste porcine a aggravé le phénomène, et depuis janvier, on observe des baisses de près de 20 % de l’effectif de truies chaque mois par rapport à l’an dernier », souligne Élisa Husson.

La demande chinoise n’est donc pas près de baisser, et elle maintiendra l’activité sur les cours, qui pourraient atteindre, selon l’Ifip, « les niveaux de 2016 ». Attention, cependant, aux éventuelles substitutions dans les foyers chinois, et même européens : « Si les prix deviennent trop élevés, les consommateurs pourraient se tourner vers des viandes moins chères, comme la volaille », prévoit Élisa Husson.

Poursuivre les efforts en matière de biosécurité

Dans la mesure où les Chinois ne peuvent se fournir au Vietnam ou en Mongolie, pays également touchés par la peste porcine, l’origine européenne a toujours la préférence du géant asiatique. « Les éleveurs français restent bien positionnés pour répondre à la demande chinoise », confirme Élisa Husson. Négociations sino-américaines difficiles, peste porcine africaine en Russie : le contexte est favorable aux Européens en général, et donc aux Français.

« La production des Américains est toujours en plein développement, et un réchauffement des relations avec la Chine donnera immédiatement lieu à un retour de l’origine USA », prévient toutefois Élisa Husson. Le Brésil, qui exporte l’équivalent en volume de la France vers la Chine, représente également un concurrent sérieux.

Maintenir les efforts en matière de biosécurité demeure, selon l’Ifip, le meilleur moyen de préserver l’avantage compétitif français. « Des négociations sont en cours avec la Chine pour défendre le principe de régionalisation », rappelle Élisa Husson. Des négociations qui permettront, en cas de détection d’un cas sur notre territoire, de continuer à exporter.

Ivan Logvenoff