Face à la crise dans laquelle est plongée le secteur porcin, la Commission européenne a décidé, lors de la réunion du comité de gestion réuni le 18 octobre à Bruxelles, l'ouverture du stockage privé pour la viande de porc à compter du 29 octobre.

Ce mécanisme est prévu par l'organisation commune de marché (OCM) pour dégager le marché communautaire de la viande porcine. La durée de stockage est de trois à cinq mois, dans la limite d'un volume total de 100.000 tonnes. Elle tombe à deux mois en cas d'exportation.

Le cours de la viande porcine a entamé sa baisse saisonnière habituelle, provoquée par la hausse de 2% de la production. Cette année, la situation est exacerbée par la hausse du prix de l'aliment (+35% entre septembre 2006 et septembre 2007), reconnaît Bruxelles.

La Fédération nationale porcine (FNP), vendredi dans un communiqué, en a appelé aux ministres de l'Agriculture de l'UE, qui se réunissent lundi 22 octobre, «pour obtenir des restitutions» à l'exportation. «Une opération de stockage privé, sans obligation d'exportation, n'apporte pas de réponse à la crise actuelle», affirme la FNP.

L'Organisation nationale des éleveurs de porcs (Onep), affiliée à la Coordination rurale, considère, vendredi dans un communiqué, que la mesure européenne de stockage privé et les allègements et reports de charges décidés par la France ne sont que des «éléments accessoires» vis-à-vis des «graves pertes financières» des éleveurs.

Pour l'Onep, «seul le marché, via les consommateurs, peut permettre de sortir de la crise». Le syndicat demande au ministre de l'Agriculture de rassembler tout les partenaires de la filière, «pour valider ensemble une revalorisation du prix du porc à la production», qui «doit être d'au mojns 0,50 €/kg».

E.C.