« Nous cherchons à déterminer dans les rayons les étiquetages frauduleux ou qui induisent en erreur le consommateur », a expliqué Carole Joliff, présidente de la section porcine de la FDSEA des Côtes-d’Armor.

« Ce qu’on veut montrer, c’est que des entreprises privilégient la viande espagnole au lieu d’utiliser de la viande française », a-t-elle dit. Les producteurs français reprochent à des marques françaises, sur pression de la grande distribution, d’aller s’approvisionner en Espagne, accusée de pratiquer du « dumping sur le jambon », ce qui a pour effet de pousser à la baisse les prix à la production en France.

Dans le cadre des EGA, « on a de grandes promesses avec les communicants des GMS (grandes et moyennes surfaces). Ils se servent de nous, les producteurs, pour leur image de marque. Mais pour conserver leurs marges, ils font pression sur la salaisonnerie qui répercute sur nous ».

« On veut alerter l’opinion publique »

« On veut alerter l’opinion publique, il ne faut pas que ce soit un leurre. Dans ces États-généraux, où est la place du producteur face aux PDG de Danone ou de Système U ? », s’est interrogée la responsable syndicale.

Les éleveurs s’inquiètent également du décrochage des prix français payés aux producteurs comparés aux autres bassins de production européens. Depuis quelques mois, « on est en moyenne à 20 centimes par kilo en dessous du prix espagnol et moins 12 centimes par rapport à l’Allemagne », a-t-elle rappelé.

Lors de la dernière cotation au marché au cadran de Plérin, lundi, le prix du porc s’est établi à 1,325 €/kg, en baisse de 1,8 centime par rapport au cours précédent de jeudi. Le cours n’a cessé de baisser depuis le début de juillet où il s’établissait à 1,491 €/kg, après avoir atteint le niveau record de 1,548 en avril.

AFP