La FNP (Fédération nationale porcine) a annoncé mercredi lors d'une conférence de presse qu'elle souhaite négocier avec les distributeurs une revalorisation de la plus-value VPF (viande de porc française) pour la porter de 2 centimes le kilogramme à 20 centimes. Elle entamera aussi des actions dans la grande distribution dès la fin de semaine pour convaincre les salaisonniers d'utiliser davantage de viande d'origine française.

« Il y a un vent de panique dans les exploitations porcines, assure Jean-Michel Serres, président de la FNP. Nous sommes en train de revivre le scénario de l'été de 2007 avec la flambée du prix des céréales que personne n'avait vu venir. »

A l'époque s'était mise en place avec l'interprofession une caisse d'avance de trésorerie. Ce qui n'est pas possible aujourd'hui, les éleveurs n'ayant remboursé que deux échéances sur les huit prévues.

« La seule marge de manoeuvre est de revalorisée la plus-value VPF, explique Jean-Michel Serres. Je vais rencontrer les différentes enseignes dans ce but. C'est une décision qui ne peut se prendre qu'entre les éleveurs et les distributeurs », la plupart des industriels de la salaisonnerie ayant toujours refusé de jouer la carte VPF.

Pour les y inciter, la FNP s'inspirera des récentes actions des éleveurs laitiers en grandes surfaces. « Nous allons sticker les produits de charcuterie ne portant pas la mention de l'origine, détaille Paul Auffray, secrétaire général de la FNP. Nous voulons montrer au consommateur qu'un produit de grande marque n'apporte aucune garantie. »

L'objectif est de faire pression sur les salaisonniers d'ici au prochain conseil d'administration d'Inaporc prévu le 8 septembre. « Si aucun point d'accord n'est trouvé à cette occasion, nous ferons encore la pression syndicale pour inciter nos amis salaisonniers à utiliser VPF », promet Paul Auffray.

E.R.