Alors que le « supercycle de 2006-2014 » pour les matières premières s’est achevé, les filières agricoles doivent désormais faire face au « retour sur terre », a asséné Philippe Chalmin, président de l’Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires, en introduisant les « Entretiens de l’Observatoire », le 26 octobre à Paris. « Il faut s’habituer à vivre sans Pac et oublier la garantie des prix, a-t-il poursuivi. Nous sommes entrés dans un monde agricole marqué par l’instabilité des prix. »

Évoquant le « paradoxe français (des prix agricoles instables mais des prix des produits alimentaires stables), il a souligné « des ajustements difficiles à réaliser entre industriels et distributeurs, qui occasionnent des crises ». Face à cela, il conseille de développer des outils de gestion du risque « prix », comme des indicateurs de marchés fiables, des contrats à moyen terme, et une confiance à rebâtir dans les filières.

Une vingtaine de contrats étudiés

Pour illustrer ces propos, Estelle Antoine et Chloé Dupont, de l’Institut technique du porc (Ifip), ont présenté un état des lieux des contrats de commercialisation dans la filière porcine. Face à une crise structurelle (liée à un manque de compétitivité) et conjoncturelle (liée aux prix du porc et des matières premières sur les marchés), l’Ifip s’est penché sur l’intérêt des contrats de commercialisation utilisés dans la filière en étudiant une vingtaine d’entre eux.

Elles ont recensé les facteurs de réussite (comme la personnalité des porteurs de projet, la segmentation et la réponse à un besoin spécifique…), et d’échec (les dérives de pouvoir, un décalage trop grand par rapport aux marchés, l’opportunisme de certains opérateurs qui peuvent faire défaut aux engagements, les limites réglementaires…).

Trouver les bons indicateurs

Estelle Antoine et Chloé Dupont ont également évoqué les freins à lever pour un contrat équilibré. Trouver les bons indicateurs de marchés en est un majeur, alors que la « culture du marché spot », la référence au Marché du porc breton (MPB) est omniprésente. Sur quoi peut alors s’appuyer le prix du porc dans un contrat ? Outre le spot, il est possible de prendre en compte les coûts de production (en veillant néanmoins à ne pas se déconnecter du marché aval), la valorisation des carcasses, le prix moyen européen (issu des cinq principaux pays producteurs), des primes spécifiques liées à une démarche qualité…

E.C.