Le cours du porc en Chine est de nouveau le centre de l’attention générale parmi les opérateurs du marché mondial, souligne la Rabobank dans une note de conjoncture sur le marché du porc diffusé le 5 juillet 2016. Il est monté en flèche au début de l’année, atteignant le montant de 20 yuans/kg (2,70 €/kg). Soit plus de 30 % de hausse au premier trimestre par rapport à la même période de 2015. Le prix des porcelets a quant à lui plus que doublé sur la même période.

De nombreux arrêts de la part de petits producteurs et des mesures gouvernementales pour fermer les élevages non conformes ces deux dernières années ont abouti à une décapitalisation et à un cheptel de truies historiquement bas.

De nouveaux sommets

La production porcine devrait donc baisser encore en 2016, d’environ 5 %, avant de se stabiliser, et l’approvisionnement du marché chinois rester tendu au moins jusqu’en 2017. Par conséquent, les importations de viande de porc devraient atteindre de nouveaux sommets, tout en ne représentant « que » 3,5 % des volumes consommés. Elles devraient atteindre environ 2 millions de tonnes cette année (+30 % par rapport à 2015), et sans doute des niveaux équivalents sur les prochaines années, prévoit la Rabobank. Et ce, malgré un recul de la consommation de 4 % en 2016, plombée par le ralentissement de l’économie. Les volumes dépendront néanmoins des mesures que prendra le gouvernement chinois face à cette volatilité des prix. La Chine était historiquement autosuffisante en viande de porc mais face à une hausse de la demande, les importations deviennent progressivement plus importantes, en particulier pour la viande congelée.

Les USA et le Canada à l’affût

L’UE est le fournisseur le mieux positionné pour fournir la Chine. Elle devrait exporter environ 1,4 million de tonnes de viande de porc cette année, récupérant 60 % de la hausse de la demande. Les principaux exportateurs sont l’Allemagne, le Danemark et l’Espagne.

Mais les USA et le Canada ne laisseront pas passer cette chance d’accroître substantiellement leurs exportations, avertit la banque néerlandaise. Un certain nombre d’usines américaines sont de nouveau agréées pour exporter vers l’empire du Milieu. Mais les opérateurs doivent encore construire une filière sans ractopamine avant de pouvoir profiter pleinement de cette opportunité. Un temps que les opérateurs européens auront intérêt à mettre à profit pour consolider leurs partenariats avec leurs clients asiatiques, conseille la Rabobank.

E.C.