La filière porcine française et européenne doit sa sortie de crise à l’appétit des Chinois pour cette viande. « Ce pays a eu massivement recours aux importations de viande porcine européenne en 2016 pour compenser la chute de sa production faisant suite à la restructuration de la filière, explique Agreste dans sa note. En effet, dans un contexte d’urbanisation croissante, les citadins consomment désormais plus de viande que les ruraux et, pour près des deux tiers, de la viande porcine. »

Les expéditions de l’UE vers la Chine ont augmenté de 96 % en volume. Cette destination représente désormais 40 % des exportations européennes vers les pays tiers. Les Pays-Bas sont le premier fournisseur (12 % du volume européen, qui ont triplé), suivis de l’Espagne, de la France puis du Danemark.

Néanmoins, ce débouché ne s’inscrit pas à un haut niveau dans la durée. En effet, « après avoir atteint un pic durant l’été 2016, les importations chinoises ralentissent en fin d’année ».

Cette forte demande a permis au solde commercial de la France de redevenir positif en volume (+23 000 tec), et de s’améliorer en valeur (passante de –400 à –284 M€). Le solde des viandes fraîches et réfrigérées (la moitié des tonnages exportés) est désormais positif en volume (mais il reste à –118 M€ en valeur, les produits envoyés étant de moindre valeur), tandis que les viandes congelées (le tiers des volumes) dégage un excédent en volume et en valeur (+110 000 tec et +240 M€). Le solde des saucisses et saucissons reste en revanche négatif.

Remontée des cours

Cet appel d’air du marché chinois a permis aux cours du porc en France et dans l’UE de se redresser. Alors qu’entre janvier et mai 2016, il était inférieur à la moyenne des cinq années précédentes, il a fortement augmenté à partir de juin. En moyenne sur l’année, il dépasse de 3,4 % le cours de 2015. Il reste néanmoins inférieur de 5 % à la moyenne des cinq dernières années. « Avec la baisse du coût de l’aliment, les ciseaux des prix redeviennent plus favorables aux éleveurs », précise Agreste.

Au début de 2017, sur fond de baisse de la production française, les prix demeurent fermes, malgré une baisse des exportations (–12 % sur les deux premiers mois). En revanche, nos concurrents européens ont continué à progresser.