Face à l'épisode de pollution aux particules fines que certaines régions françaises connaissent depuis plusieurs jours, le ministère de l'Agriculture recommande aux agriculteurs, dans un communiqué du 15 mars 2014, « de restreindre ou reporter » les épandages d'engrais et les travaux au sol.

Le ministère précise par ailleurs que, « selon les niveaux de pollution aux microparticules, des interdictions d'écobuage ou de brûlage à l'air libre des sous-produits agricoles ont été ou seront, le cas échéant, prises par les préfets en fonction des situations locales ».

Le seuil d'alerte à la pollution a été dépassé dans plus de trente départements le 14 mars, sur une large partie nord de la France et dans la Région Rhône-Alpes. Le lendemain, plusieurs Régions étaient encore en alerte, comme la Région Rhône-Alpes, le Nord-Pas-de-Calais ou la Picardie.

L'AGPB (Association générale des producteurs de blé) indique lundi dans un communiqué que les producteurs de céréales « s'interrogent sur la portée des recommandations du ministère de l'Agriculture ».

Celles-ci « viennent après un printemps exceptionnellement pluvieux où il n'était pas possible de pénétrer dans les champs sauf à dégrader les sols et embourber le matériel, où il était préconisé par ailleurs aux agriculteurs de ne pas engager lesdits travaux de printemps, pour ne pas risquer de polluer nappes et cours d'eau ».

« Question : si l'on ne travaille pas en agriculture quand il pleut et qu'il ne faudrait pas le faire non plus quand il fait enfin beau, quand travaille-t-on ? », s'interroge l'AGPB.

« Les agriculteurs doivent jongler avec les aléas et contraintes de la météorologie, qui ne sont pas sans impact sur les niveaux des récoltes. A chaque exploitant de mesurer jusqu'où il peut concilier recommandations du ministère et prise de risque », ajoute l'AGPB.

La Coordination rurale (CR) a également réagi lundi à la recommandation du ministère de l'Agriculture, estimant que Stéphane Le Foll « fait preuve d'un humour douteux ou hélas, d'une incompétence notoire en matière d'agronomie ! »

« Les agriculteurs, dont le travail est fondamentalement lié à la météo, ont pris un énorme retard à cause d'un temps excessivement pluvieux depuis le mois de novembre. Repousser davantage le travail dans les champs serait pour eux une grave faute professionnelle et déontologique avec la sanction de récoltes piteuses pour cette année 2014 », explique la CR.

« Stéphane Le Foll, grand « commercial » de l'agroécologie devrait savoir que la base du métier et de l'agronomie est de respecter la terre et donc de la travailler lorsque les bonnes conditions climatiques le permettent. C'est aussi à cette condition qu'il est possible d'optimiser et donc de ne pas gaspiller fertilisants et carburants », ajoute le syndicat.