Au cours de l’émission (entre 1:03:35 et 1:32:35), elle a interrogé l’ancien ministre sur le problème de la distorsion de concurrence au travers de l’exemple du diméthoate. En effet, si ce produit a été interdit pour les agriculteurs français, il n’en est pas pour autant banni de nos assiettes puisque des cerises espagnoles, italiennes ou même turques traitées avec ce produit sont largement importées.

L’agricultrice du Tarn a ainsi interpellé Nicolas Hulot sur le silence du monde écologiste face à ces importations : « On ne vous entend pas hurler, il n’y a rien du tout. » Face à cet exposé clair et précis, l’ancien ministre a choisi de répondre, ou plutôt de ne pas répondre, en parlant de la réforme de la Pac et en relevant les points d’accord qu’il avait avec le monde agricole sur ce sujet.

Le philosophe Alain Finkielkraut, présent à ce moment sur le plateau, a lui aussi attaqué la compétition mondiale et l’ouverture des frontières en observant que cette situation poussait ceux qui étaient le plus mis en danger par les produits phytosanitaires à les défendre le plus fermement.

La transition vers l’arrêt du glyphosate jugée trop courte

Sur la question du glyphosate, Céline Imart a interpellé Nicolas Hulot face à la durée de la transition vers l’interdiction du glyphosate. Elle juge la période de trois ans trop courte en comparaison de celle de l’arrêt du nucléaire ou vers l’amélioration de la propreté des moteurs de voiture. Nicolas Hulot lui a répondu qu’il fallait « donner les moyens aux agences d’évaluer les alternatives », ce qui n’a, selon lui, pas été vraiment fait.

L’agricultrice a enfin rappelé le droit des agriculteurs à s’exprimer sur les problématiques qui les concernent (énergie, biodiversité, prédateurs).

« Une société qui se retourne contre ses agriculteurs n’a aucun avenir »

Remarquons la conclusion pertinente de Céline Imart sur la place des agriculteurs dans la société et sa citation de Bertrand Valiorgue : « Une société qui se retourne contre ses agriculteurs n’a aucun avenir. »

R.H.