Un agriculteur sur cinq cesserait son activité si la Pac devait être abolie, enseigne une enquête réalisée par l'Inra en 2009 qui vient d'être publiée. Mais une majorité d'exploitants déclarent que cela ne modifierait pas leurs projets.

Près de 300 agriculteurs – principalement spécialisés en élevage herbivore ou en grandes cultures et, à ce titre, bénéficiaires de la Pac – ont été enquêtés, en 2009, dans les Régions Centre et Midi-Pyrénées. Leurs réponses sont consignées dans un article publié par l'Inra (1).

Lors de l'enquête, les agriculteurs devaient spécifier leur préférence, à un horizon de 10 ans, sous deux scénarios : une projection de « continuité de la Pac » d'une part, et un scénario d'« absence totale de Pac » à partir de 2014 d'autre part.

Bien que la majorité des répondants déclarent qu'ils ne procéderaient à aucun changement dans leurs intentions en cas de suppression de la Pac, 19 % des agriculteurs enquêtés auraient l'intention d'arrêter leur activité sous le scénario « absence totale de Pac », alors qu'ils continueraient d'exploiter sous le scénario « continuité de la Pac ».

La disparition de la Pac impliquerait une augmentation de la fréquence du travail extra-agricole effectué par les chefs d'exploitation et leur ménage. Le recours à des salariés ne serait pas la première solution choisie pour compenser la baisse de main-d'oeuvre sur l'exploitation provenant du ménage agricole, lequel préférerait contractualiser les travaux liés à la production agricole à des entreprises extérieures.

« Les résultats montrent ainsi le rôle crucial que joue la Pac sur la vie (ou la survie parfois) des agriculteurs et souligne l'importance de cette politique sur le marché de l'emploi en milieu rural », soulignent les auteurs de l'enquête.

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(1) « Quelles seraient les stratégies des agriculteurs en l'absence de Pac ? Une illustration française », Inra, Agrocampus Ouest, avril 2012, Laure Latruffe, Aurélia Dupuy, Yann Desjeux.

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