Dans le cadre du plan Écophyto, le ministère de l'Agriculture renforce la lutte contre le commerce illégal de produits phytosanitaires.

Une campagne de publicité « Des phytos hors-la-loi, ce n'est pas pour moi » a été lancée le 20 mai 2014. Elle s'accompagne d'affiches, d'un dépliant, d'un site internet gouvernemental (www.info-phytos.fr) et d'un numéro de téléphone vert (0805.532.532). L'objectif de cette campagne de prévention est de rappeler les conditions de distribution et d'utilisation des produits phytosanitaires.

Ce type de produits (importations illégales, contrefaçons, produits non autorisés, produits chimiques non identifiés...) est en effet une menace pour la santé des exploitants, des consommateurs et pour l'environnement.Les produits doivent être achetés auprès des distributeurs agréés (liste officielle : http://e-agre.agriculture.gouv.fr/). Ils doivent comporter une étiquette en français clairement lisible et surtout être autorisés pour l'usage prévu par l'exploitant (vérifier sur http://e-phy.agriculture.gouv.fr/).

En moyenne, 3 à 5 % des produits utilisés seraient hors-la-loi avec de fortes hausses près des zones frontalières. C'est plus particulièrement le cas dans le sud de la France avec environ 20-25 % du chiffre d'affaires et 10 % des surfaces qui seraient concernés.

De plus, si l'importation des produits est autorisée, elle demeure très réglementée. Les agriculteurs doivent dans ce cas transmettre chaque année à l'agence de l'eau le bilan de leurs achats à l'étranger et s'acquitter de la redevance pour pollutions diffuses.

« Le mouvement des importations illégales a été accentué quand cette redevance a commencé à être prélevée en 2008 », précise Sébastien Picardat, directeur général de la FNA (Fédération du négoce agricole). Cette redevance peut en effet s'élever selon les cas jusqu'à 20-25 % du prix d'un produit.

La différence d'homologation des produits entre pays européens a aussi eu un impact sur ces importations. « En plus des risques sur la santé et sur l'environnement, l'achat et l'utilisation de produits non autorisés exposent les professionnels à des sanctions allant jusqu'à six mois d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende. De nombreux contrôles administratifs sont effectués dans la filière (agriculteurs, utilisateurs professionnels, distributeurs) par les Draaf et la Brigade nationale d'enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP) », rappelle le ministère.

C.F.