« Dans son émission du 2 février 2016, Cash Investigation instruit le procès à charge de l’industrie des produits phytopharmaceutiques », estime l’Union des industries de la protection des plantes dans un communiqué de presse du 3 février. L’UIPP poursuit : « Si la santé des citoyens et de la planète est un sujet prioritaire pour tous, cette émission plutôt que d’éclairer le consommateur, crée un climat anxiogène. »

Ainsi, pour l’UIPP, l’émission a oublié plusieurs éléments et notamment de prendre en compte les deux études sur les pesticides et la santé : l’HAS américaine sur 50 000 agriculteurs, et l’étude française Agrican sur 180 000 personnes qui confirment que les agriculteurs vivent plus longtemps que la population générale.

L’UIPP ajoute : « Cash Investigation a omis de prendre en compte les données de l’Institut national du cancer qui, au sujet des enfants, indiquait hier encore “globalement, le nombre de nouveaux cas est stable. Et, l’environnement, pointé du doigt pour certains cancers chez l’adulte, n’est pour l’heure pas incriminé dans les cancers de l’enfant”. »

De plus, l’UIPP s’interroge : « Comment affirmer que certains insecticides seraient responsables de l’augmentation de l’autisme, alors qu’ils sont de moins en moins utilisés ? » « L’exposition aux produits phytos n’a jamais été aussi faible, et ce grâce aux démarches de progrès de l’ensemble de la filière et des agriculteurs », ajoute-t-elle.

« Cash Investigation a omis d’indiquer les avancées de la recherche, de l’innovation, et les progrès réalisés par l’ensemble des acteurs de la filière : l’utilisation des produits a diminué de 45 % depuis la fin des années 1990, la toxicité a été divisée par 8, les trois quarts des produits présents à cette époque ne sont plus présents sur le marché », ajoute les firmes phytosanitaires.

« Le cynisme avec lequel les firmes dissimulent la dangerosité de leurs produits »

Pour la Confédération paysanne, l’émission Cash Investigation « a une nouvelle fois donné à voir le cynisme avec lequel les firmes agrochimiques dissimulent la dangerosité de leurs produits, et comment nos élus restent extrêmement sensibles à leur lobbying. Cette mise en lumière est salutaire et doit contribuer à combattre l’emprise croissante des multinationales sur nos sociétés ».

« Les firmes en question, outre les habituelles dénégations quant à la dangerosité des pesticides, défendent leur business en soulignant le rôle de ces produits dans la production abondante d’une alimentation à bas prix. Ce raisonnement occulte que les coûts induits pour la collectivité par ce mode de production explosent : dépollution, santé publique, chômage… Ce qu’économise le consommateur, le contribuable le paye au centuple », explique la Confédération paysanne.

« Les pouvoirs publics restent manifestement aveugles à cette réalité, convaincus que la logique de “compétition” – et les pesticides qui vont avec – doit organiser la production agricole et alimentaire. Ainsi la généralisation des modes de production sans pesticides, économes en coûts induits pour la collectivité, est limitée par la concurrence des prix artificiellement bas des productions utilisatrices de pesticides », poursuit le syndicat.

Dans ce contexte, la Fnab (Fédération nationale de l’agriculture biologique) et Greenpeace appellent les pouvoirs publics à soutenir prioritairement les solutions alternatives aux pesticides de synthèse et « les productrices et les producteurs toujours plus nombreux qui veulent passer à l’agriculture bio ». « Ils doivent accompagner et amplifier cette dynamique positive pour l’agriculture, la santé publique, l’environnement, qui répond à une très forte attente des citoyens et des consommateurs, sur un marché du bio en croissance de 10 % par an », ajoute les deux organisations.