« L’État devra impérativement prendre des mesures économiques et commerciales en direction des producteurs de cerises si le diméthoate venait à être retiré, », indique le mercredi 16 mars 2016 la Confédération paysanne.

En effet, un avis de l’Anses publié en janvier dernier le recommanderait compte tenu de l’impact de cet insecticide de la famille des organophosphorés sur la santé humaine.

« Il a fait un retour en force dans les pratiques phytosanitaires », ajoute la Confédération. De plus, il s’est avéré être la seule molécule vraiment efficace contre Drosophila suzukii, qui cause depuis quelques années de très importants dégâts sur les cerises.

Pour le syndicat, l’État devra compléter la probable décision de retrait de l’Anses en stoppant l’importation de cerises traitées avec ce produit, présentant un problème de toxicité aiguë, et ce, qu’elles proviennent de l’Europe ou de la Turquie. La hausse des cours qui en résultera couvrira alors, pour partie, l’augmentation des coûts de production liée au retrait du diméthoate.

La Confédération paysanne demande également qu’un plan d’indemnisation des dégâts causés par Drosophila suzukii complète cette probable mesure.

« La recherche de solutions alternatives doit être encore renforcée, estime le syndicat, notamment en envisageant un plan d’aide à la protection du verger de cerisiers au moyen de filets anti-insectes, solution non-toxique efficace. »

« Dans cette affaire, l’État est face à un double impératif : celui de la protection de la santé publique, et celui de la survie des producteurs de cerises. C’est à la lumière des choix qui seront faits que l’on pourra juger à la fois du sérieux de l’État face à la « bombe à retardement » que constituent les pesticides, et de sa détermination à soutenir les productions françaises lorsqu’elles sont menacées », conclut la Confédération paysanne.