Greenpeace France a adressé une réponse à la lettre ouverte de la Coordination rurale qui datait du 23 juin.

« Concernant la dangerosité des pesticides pour la santé, nous avons publié en 2015 un rapport compilant les données de plus de 150 études scientifiques à ce sujet, indique l’ONG. Les conclusions sont claires : l’exposition aux pesticides augmente les risques de trouble du développement, de détériorations des fonctions neurologiques, de déficiences immunitaires et de cancers. Et ce même si les produits sont déclarés conformes à la législation, notamment du fait de l’effet cocktail qui n’est pas pris en compte dans le cadre législatif actuel. L’alimentation n’est d’ailleurs pas la seule source d’exposition aux pesticides. Les citoyens y sont également exposés à travers l’eau qu’ils boivent et l’air qu’ils respirent. Aujourd’hui, 93 % de nos cours d’eau et 66 % de nos nappes phréatiques sont contaminés. »

« Notre campagne ne s’attaque pas aux agriculteurs ou aux producteurs, insiste Greenpeace. Elle s’adresse à la grande distribution afin que celle-ci donne les moyens à votre profession de faire évoluer certaines pratiques agricoles. Il n’y a donc aucun acharnement mais un réel souci pour la santé des consommateurs ainsi que celle des agriculteurs et de leurs familles, premières victimes de l’usage inconsidéré des pesticides. »

« Il est également important de noter que nous nous basons uniquement sur des faits. Or, les faits sont clairs : l’utilisation des pesticides n’a pas diminué : au niveau national, le recours aux pesticides a augmenté de 5,8 % entre la période 2011-2013 et 2012-2014 et de 9,4 % entre 2013 et 2014 », appuie Greenpeace.

« Des pertes conséquentes de rendement »

« Nous sommes également en profond désaccord sur le fait que les consommateurs auraient le choix de consommer autrement : non, ils n’ont pas le choix car ils ne savent pas. Il y a un manque de transparence scandaleux sur le sujet des pesticides. Leclerc en est l’exemple le plus flagrant. Si l’on veut vraiment que les consommateurs puissent choisir, il faut qu’un étiquetage précisant les pesticides utilisés soit mis en place », estime l’ONG.

« Vous évoquez des pertes conséquentes de rendement faisant suite à l’utilisation moindre de pesticides de synthèse. Plusieurs études contredisent cette affirmation », ajoute finalement Greenpeace, qui liste plusieurs résultats d’études.

« Enfin, vous passez sous silence les coûts sanitaires et sociaux importants qu’entraîne l’usage des pesticides », indique Greenpeace, qui précise par exemple que « les dépenses additionnelles des ménages causées par les pollutions liées à l’azote et aux pesticides d’origine agricole se situeraient au minimum dans une fourchette comprise entre 1 et 1,5 milliard d’euros, dont 640 à 1 140 millions d’euros répercutés sur la facture d’eau, représentant entre 7 et 12 % de cette facture en moyenne nationale ».

L’ONG conclut : « être responsable, c’est agir pour mettre en œuvre des pratiques agricoles et une alimentation saine aujourd’hui et pour les générations futures. Seule l’agriculture écologique peut le permettre. Elle repose sur la biodiversité, la protection des sols, des eaux et du climat et la non-contamination de l’environnement avec des produits chimiques ou des organismes génétiquement modifiés. Surtout, elle sert les intérêts des producteurs et des consommateurs, et non ceux des multinationales qui ont aujourd’hui la mainmise sur notre système alimentaire. »