Les données issues de la surveillance de la qualité des eaux superficielles sont habituellement présentées sont la forme d’un état des lieux. Si une carte interactive permettant d’accéder aux différents bilans annuels des concentrations de produits phytosanitaires dans les cours d’eau est disponible, il n’existait à ce jour pas de carte illustrant l’évolution de la teneur en produits phyto dans l’eau.

L’Office national de la biodiversité (ONB) a mis en ligne le 1er juin une carte illustrant l’évolution des concentrations en produits phyto dans l’eau entre 2008 et 2014.

Évolution moyenne des produits phytopharmaceutiques dans les cours d’eau par sous-secteur hydrographique de 2008 à 2014. – Lecture des catégories de la légende : hausse de plus de 50 %, 68 sous-secteurs hydrographiques sont concernés.

Cet indice rend compte de l’évolution de la concentration totale en pesticides au regard du risque environnemental qu’elle représente, en prenant en compte les seuils d’écotoxicité respectifs des substances trouvées dans l’eau.

Au niveau national, les cours d’eau étaient moins « contaminés » en 2014 qu’en 2008 : l’indice d’évolution de la présence des phytos dans les cours d’eau a baissé de 10 % sur cette période. « Sur la période de 2008 à 2014, nous constatons une baisse de 13 % pour les herbicides, de 11 % pour les insecticides et de 9 % pour les fongicides », indique l’ONB. Selon l’office, la tendance est influencée par « la météorologie, qui conditionne les épandages et peut favoriser les mécanismes de dérive et transfert. »

L’ONB relève des évolutions locales plus contrastées que la tendance baissière nationale, avec des hausses relevées sur des bassins des Régions Centre-Val-de-Loire et anciennement Poitou-Charentes et Midi-Pyrénées. Au palmarès des substances retrouvées dans les eaux figurent des herbicides appliqués en grandes cultures : acétochlore avant 2013, métazachlore, métolachlore, diméthénamide et isoproturon.

L’ONB estime qu’une diminution de l’indicateur, telle que celle observée entre 2008 et 2014, aura probablement des conséquences positives sur la biodiversité.

A. Cas.