Alors que la France commence à faire face au défi du coronavirus, les perturbations du système industriel et logistique de l’empire du Milieu commencent à impacter l’économie mondiale. La Chine assurant 80 % de la production mondiale de panneaux photovoltaïque, la filière française craignait que son activité marque le pas.

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Chaîne logistique fragilisée

D’après Xavier Daval, président de la commission photovoltaïque au Syndicat des énergies renouvelables (Ser), le prolongement des vacances du nouvel an chinois et les mesures de confinement ont fortement bloqué les usines. Un retour à la normale est attendu pour la fin de mars. Les stocks européens sont au plus bas et les commandes d’anticipation pour reconstituer les stocks risquent d’être décalées d’un trimestre.

Le principal risque qui pèse à présent sur la filière est la fragilité de la chaîne logistique. En Chine tout d’abord, des pièces détachées ne sont pas produites directement dans les usines de la filière : les cadres en aluminium ou les boîtes de jonction par exemple. Le secteur du transport est affecté à tous les niveaux, tant dans la chaîne de production, que de distribution. Une fois les panneaux produits, reste ensuite à les expédier en Europe.

L’épidémie arrivant sur le vieux continent, il est encore difficile d’estimer l’impact des troubles logistiques ici. « À l’heure actuelle, l’à-coup sur l’outil industriel chinois est susceptible d’induire un retard sur les projets français estimés entre un et deux mois selon les fabricants », explique Xavier Daval. L’évolution de la situation en Europe pourrait donc impacter plus encore le rythme de raccordement français.

Des panneaux spécifiques pour le marché français

Les sites chinois de production devraient rapidement rattraper leur retard. En effet, Xavier Daval précise que les plus grosses usines tournent en moyenne à un taux de charge de 80 % et celles de taille inférieure à 50 % de leur capacité de production maximale. Le retard pourrait donc rapidement être absorbé.

Le cas de la France reste particulier. Les produits destinés à son marché sont ceux qui présentent le meilleur bilan carbone. Ces panneaux ont des spécificités techniques et ne sont pas standards. La remise en fabrication de ces modèles devrait être plus lente.

Gildas Baron