Le photovoltaïque est la production électrique qui a connu la plus importante baisse de prix ces dernières années. En France, il a été divisé par plus de cinq entre 2010 et 2019, et continuait de baisser depuis. Depuis le mois d’octobre 2020, le coût s’est néanmoins stabilisé, voire est parti à la hausse.

Pour Xavier Daval, expert sur le marché international du photovoltaïque, « cette baisse est conjoncturelle ; c’est une interruption momentanée de la chute des prix ». Les engrenages du commerce international sont perturbés par la situation sanitaire, mais les prix devraient reprendre leur baisse dans les mois à venir.

Des marchés agités

« Lorsque la mécanique du commerce international est grippée, les conséquences sont fortes pour l’industrie photovoltaïque, puisqu’elle ne fait aucun stock ou presque », explique Xavier Daval. Les modules sont fabriqués à la demande, puis expédiés et directement installés. Or, de nombreux poids lourds de la production d’énergie mondiale ont retardé leur commande de panneaux solaires.

« Lorsque la situation sanitaire bloque la fabrication, le transport, ou l’installation des modules, toute la chaîne de production est impactée », ajoute-t-il. Les pénuries commencent à impacter différents secteurs pour des raisons analogues.

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Les à-coups perturbent le marché, et les fournisseurs peuvent imposer des pénalités ou se reporter sur d’autres débouchés. Les marchés du verre et du silicium, composants essentiels des panneaux solaires, ont ainsi été agités ces derniers mois.

« En plus de cela, explique Xavier Daval, deux usines de silicium ont brûlé à la fin de l’été 2020. » Il en a découlé une rupture d’approvisionnement, et une augmentation du cours. Enfin, le blocage du canal de Suez pendant la dernière semaine de mars 2021 a réduit à lui seul le commerce maritime mondial de 10 %.

Des panneaux plus grands

Une autre raison qui explique cette évolution est l’agrandissement des modules photovoltaïques. Les industriels ont amélioré leurs outils pour produire des panneaux plus grands et plus puissants.

Cette hausse alourdit les modules, les coûts de transport peuvent ainsi augmenter. Pour Xavier Daval, il faut tempérer cette progression. « Les installations de centrales sont plus rapides avec des panneaux plus grands, on a besoin de moins de main-d’œuvre et de moins de consommables. »

« La tendance générale va rester à la baisse »

Ces nombreuses perturbations sont passagères, et la baisse est purement conjoncturelle pour Xavier Daval. « La tendance générale va rester à la baisse, et les technologies photovoltaïques continuent de s’améliorer sans cesse. » Le marché était d’ailleurs déjà perturbé au plus fort de la pandémie, au printemps 2020, mais les prix avaient continué à baisser sur cette période.

Gildas Baron