Dans un communiqué du 13 juillet 2013, l'Inra annonce la dévitalisation de l'essai sur des peupliers génétiquement modifiés, en l'absence d'une nouvelle autorisation.

Cet essai, qui portait sur plus de 1.000 arbres et avait démarré en 1995, se déroulait à Saint-Cyr-en-Val, dans le Loiret. En 2007, l'Inra et son centre de recherche d'Orléans avaient obtenu l'autorisation de procéder à un essai scientifique utilisant des peupliers génétiquement modifiés avec trois objectifs :

- produire des connaissances sur les processus biologiques intervenant dans la formation du bois ;

- évaluer le potentiel technologique lié à ces connaissances, dans le cadre des réflexions en cours sur la transition énergétique (biocarburants de deuxième génération) ;

- comprendre les interactions entre le peuplier (en fonction de la nature et de la structure de son bois) et le sol, et notamment évaluer l'impact des plantes génétiquement modifiées sur la biodiversité microbienne du sol.

« Cet essai, mené sur une parcelle expérimentale du Loiret, visait donc l'acquisition de connaissances d'intérêt général. Il avait d'ores et déjà produit des résultats scientifiques notables au moment où l'Institut en a demandé le renouvellement, pour une période supplémentaire de cinq ans », selon l'Inra.

« Eu égard aux délais d'instruction de la demande de renouvellement de l'essai, aux engagements souscrits en 2007 dans le cadre de l'autorisation initiale, aux contraintes climatiques particulières du printemps de 2013 et à leur influence sur l'expérimentation, et en l'absence de l'autorisation attendue, l'Inra a dû décider le vendredi 12 juillet de dévitaliser définitivement les peupliers génétiquement modifiés. Cette décision a été mise en oeuvre le samedi 13 juillet au matin. »

Une consultation du public avait été ouverte le 6 mai et devait se dérouler jusqu'au 27 mai, dans l'attente d'une décision des ministres de l'Environnement et de l'Agriculture.

Le comité scientifique du Haut-Conseil des biotechnologies (HCB), saisi par le ministère de l'Agriculture, avait conclu en avril que cette expérimentation sur les peupliers ne présentait « pas de risques identifiables pour la santé humaine ou animale ou pour l'environnement ».

En revanche, la majorité des membres du Comité économique, éthique et social (CEES) avait estimé que la recherche ne devrait pas être reconduite, craignant notamment que la production de bioéthanol à partir de peupliers n'entre en « concurrence avec des surfaces agricoles et des cultures alimentaires ».

Il s'agissait de la dernière expérimentation d'OGM en plein champ depuis la destruction de 70 pieds de vigne à Colmar par des militants en août 2010. Depuis 2008, il n'y a plus de culture d'OGM en plein champ à des fins commerciales.

Dans un communiqué du lundi 15 juillet, l' Association française des biotechnologies végétales (AFBV ) regrette que le gouvernement n'ait pas autorisé l'Inra à poursuivre son expérimentation sur les peupliers génétiquement modifiés. « L'arrêt de cette expérimentation confirme une nouvelle fois le déclin de notre pays dans la recherche sur la transgénèse dont on découvre pourtant tous les jours des potentialités nouvelles pour améliorer la génétique des plantes. Dans ces conditions, la recherche publique française pourra-t-elle même préserver sa capacité d'expertise qui était pourtant reconnue sur le plan international ? », se demande l'AFBV.

F.M.