Le plan Ecophyto II est la deuxième mouture du plan Ecophyto I, commencé en 2008 dans le cadre du Grenelle de l’environnement et qui avait pour objectif de réduire de 50 % l’utilisation des produits phytopharmaceutiques dans un délai de 10 ans, « si possible ». Ecophyto II réaffirme cet objectif, avec une trajectoire en deux temps : une réduction de 25 % à l’horizon de 2020 et de 50 % à l’horizon de 2025.

Dominique Potier, élu de la Meurthe-et-Moselle et coprésident de l’atelier 11 des États-généraux de l’alimentation, propose « d’amplifier » ce plan Ecophyto II avec une « obligation de résultat ». « On a pris quand même presque trois ans de retard dans la mise en œuvre », a-t-il ajouté.

« Un manque d’impulsion politique »

La crise de l’élevage, qui a explosé en 2015, a été l’occasion, selon M. Potier, pour « des lobbys liés aux intérêts de certaines cultures, liés à l’exportation, des lobbys liés à la phytopharmacie » de faire « leur œuvre ». « Globalement, la profession demande la suspension du plan Ecophyto II, il y a un recours au Conseil d’État sur les CEPP (certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques), il y a une enquête publique qui précède l’installation du programme qui s’enlise », a déclaré M. Potier.

« Le plan Ecophyto II, on ne peut pas le juger, puisqu’on ne l’a pas mis en œuvre », a-t-il ajouté.

S’il a salué quelques réalisations et notamment le travail de certaines chambres d’agriculture, le député estime que « globalement, il n’y a pas eu d’impulsion politique », mais une « tétanisation face aux lobbys qui se sont manifestés à l’occasion de la crise de l’élevage ».

« Il y a eu le massacre de ce qui était un consensus établi, faisant suite à un long travail de concertation […] et nous repartons quasiment à zéro aujourd’hui », a appuyé M. Potier.

AFP