Dans son arrêt, la Cour estime que la famille de Denis Bibeyran n’a pas « rapporté la preuve d’éléments établissant la réalité d’un lien de causalité entre l’exposition aux pesticides » et son cancer.

Sa sœur, Marie-Lys Bibeyran, se bat depuis 2011 pour faire reconnaître comme maladie professionnelle le cancer des voies biliaires intra-hépatiques (cholangiocarcinome) dont est décédé son frère.

« C’est une décision de rejet pur et simple de la demande de reconnaissance post-mortem de maladie professionnelle », a déclaré Marie-Lys Bibeyran, qui juge « scandaleux » les motifs évoqués par la cour d’appel. Cette dernière estime « que l’arsenic ne serait cancérogène que pour les tumeurs cutanées et pourrait être un anticancéreux pour les tumeurs digestives et notamment le cholangiocarcinome », dont son frère est décédé à l’âge de 47 ans.

Six ans de combat

Après la Mutualité sociale agricole (MSA), le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) de Bordeaux avait rejeté, en 2014, la demande de reconnaissance de maladie professionnelle, incitant Marie-Lys Bibeyran à faire appel.

Après cette décision de la cour d’appel de Bordeaux, la cofondatrice du Collectif Médoc Info Pesticides se pose la question de poursuivre son combat en cassation.

« Aujourd’hui, les vignes professionnelles ont un reflet prestigieux à l’étranger. […] Aujourd’hui pour nous, les vignes bordelaises, c’est un cercueil à ciel ouvert », s’est-elle indignée.

F.M. avec l’AFP