L'Union des entreprises pour la protection des jardins et espaces publics (UPJ) a porté plainte à Bruxelles contre la loi prévoyant d'interdire l'usage des pesticides dans les espaces verts d'ici 2020, a indiqué mardi son directeur.

« On a porté une plainte non anonyme auprès de Bruxelles », a annoncé à l'AFP Jacques My, directeur de l'UPJ.

« Nous portons ce dossier auprès de la Commission européenne sur deux motifs : un vice de forme car la loi n'a pas été notifiée trois mois avant comme elle l'aurait dû l'être; et sur la non-proportionnalité des mesures imposées avec, par exemple, des peines disproportionnées encourues par les jardiniers amateurs », a-t-il poursuivi.

De plus cette loi menace 6.000 emplois dans le secteur « dans les années qui viennent », a-t-il prévenu, sans chiffrer le manque à gagner pour les professionnels.

Le marché pâtit déjà de la tendance à vouloir réduire les produits phytosanitaires, herbicides en tête, dans les lieux publics. En 2013, les ventes ont ainsi reculé de 8 % à environ 35 millions d'euros.

Les ventes aux amateurs ont baissé également mais plus modestement (-5 %), à 226 millions d'euros.

Une loi votée en janvier prévoit en 2020 l'interdiction des pesticides dans les espaces verts et de fleurissement et, à partir de 2022, dans les jardins des particuliers (hors lutte contre les organismes nuisibles). L'entretien de la voirie, des terrains de sports et des cimetières n'est pas concerné.

En avril, la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, avait enfoncé le clou, appelant les maires à cesser l'utilisation de pesticides dans les espaces verts de leur commune au nom de la santé publique et de la biodiversité.

« Nous ne contestons pas cette loi sur le fond mais sur la méthode : l'interdiction pure et simple. Car si on veut changer les choses, cela passera uniquement par la réintroduction de l'agronomie dans les jardins », explique Jacques My dont l'union représente les industriels de l'agrochimie mais aussi ceux du biocontrôle, qui proposent des alternatives aux pesticides.

« Et c'est dommage que le non-agricole serve d'exutoire pour l'agriculture », ajoute Jacques My, rappelant que les collectivités représentent moins de 1 % du marché des phytosanitaires, les jardiniers amateurs 5 %, le reste étant consommé par les agriculteurs.

Sur les 36.000 communes du pays, environ 10 % (3.800) sont engagées dans une démarche de réflexion sur la réduction des pesticides, estime M. My.

En Ile-de-France, Natureparif, l'agence chargée de la biodiversité de la région, estime que près de 10 % des communes franciliennes ont déjà totalement renoncé à l'usage de pesticides, soit plus de 120 communes.