Les pesticides contrefaits ! Voilà la nouvelle bête noire d'Europol, selon un communiqué du vendredi 13 janvier 2012.

Le commerce florissant des pesticides illégaux et contrefaits dans l'Union européenne coûte très cher – puisqu'il se chiffre déjà en milliards d'euros tous les ans – selon l'organisation de coopération policière de l'Union européenne, dont le « travail consiste à rendre l'Europe plus sûre, en aidant les États membres de l'Union européenne dans leur lutte contre le crime international grave et le terrorisme ».

En plus de représenter un risque avéré pour la santé des agriculteurs, celle des consommateurs, et pour l'environnement, ils font planer la menace d'un terrorisme facilité en raison du caractère explosif de certains de leurs composants, prévient l'organisation policière...

« Le rapport exceptionnellement bas entre “un risque faible et des profits élevés”, combiné avec le manque d'harmonisation de la législation et la mise en oeuvre [des contrôles] », font du commerce illégal des pesticides un créneau lucratif et à croissance rapide pour le crime organisé, indique Europol.

Selon l'organisation, des réseaux criminels « hautement sophistiqués » ont recours à des chaînes d'approvisionnement mondiales complexes et au blanchiment pour camoufler leurs activités. Elle estime le chiffre d'affaires global associé à ce commerce illégal plusieurs milliards d'euros par an.

Dans certains pays de l'Union européenne, plus d'un quart des pesticides en circulation sont contrefaits ou illégaux, a souligné Europol, ajoutant que le nord-est de l'Europe est particulièrement touché par ce trafic.

L'organisation craint en outre que les pesticides illégaux puissent être utilisées comme précurseurs d'explosifs faits maison, pointant un « manque de traçabilité ».

« Les États membres concernés sont considérablement affectés par les risques importants que ces pesticides illégaux font peser sur les cultures, et leurs substances toxiques constituent de graves menaces pour l'environnement et la santé publique », déplore Europol. Le communiqué évoque le cas de deux cargaisons de plusieurs tonnes de pesticides illégaux, interceptées en mai 2011 dans un port de l'Europe de l'Est, qui contenaient des substances interdites dans l'UE pour leurs propriétés de perturbation endocrinienne.

Europol avec les experts nationaux des Etats membres concernés tente de mettre en place une riposte pour coordonner toutes les forces de contrôle et de régulation du trafic en présence.

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B.V.