« Nous ne sommes pas des terroristes ! », défend le président de Jeunes agriculteurs (JA), Samuel Vandaele, au micro des Grandes Gueules, le 7 juin 2019, sur RMC – BFMTV.

« Ces personnes-là n’ont pas vécu les attentats de Paris »

Interrogé sur le Ceta, l’accord de libre-échange avec le Canada, l’agriculteur s’est dit scandalisé par les accusations portées contre son syndicat, à la suite d’actions contre des permanences parlementaires. « Ça a été dit la semaine dernière par l’un de vos chroniqueurs. Plusieurs personnes l’ont dit. On a parlé de terrorisme, d’attentat, de dégradation, de violence, d’atteinte aux biens… Mais ça, ça n’est pas nous. On a été visé injustement ».

« Vous vous rendez compte de ce qui a été dit, poursuit Samuel Vandaele, mais ces personnes-là n’ont pas vécu les attentats de Paris ? C’est dramatique. Il va y avoir des enquêtes. Et j’espère que ceux qui ont manqué de respect et de tact vis-à-vis de Jeunes agriculteurs, sauront le reconnaître. »

« Dans le Centre, cette nuit, c’est pas nous ! »

Dans l’Oise, sept personnes, adhérentes à JA, ont notamment été placées en garde à vue le 29 juillet (trois s’étaient spontanément présentées aux forces de l’ordre), pour avoir déposé des remorques de paille devant la permanence de la députée LREM, Carole Bureau-Bonnard, à Noyon et avoir projeté des œufs sur sa façade.

« Mais personne n’est rentré chez un député, complète le président de JA, interrogé par la France Agricole. À Perpignan, c’est pas nous ! À Paris, c’est pas nous. Dans l’Ariège, c’est pas nous ! Dans le Centre, cette nuit, c’est pas nous ! Les ballots de paille qui ont été tagués avec des signes nazis, c’est pas nous ! Il faut arrêter ! Il n’y a pas que les agriculteurs qui sont contre le Ceta, il y a plein d’autres gens. Toutes nos actions sont faites à visages découverts. On n’a pas lieu de se cacher. On assume nos actes. »

« Les parlementaires doivent s’expliquer »

Le syndicat entend poursuivre son action, de manière « non violente » : « Nous allons continuer notre lobbying. Mais les actions sont finies. Nous avons appelé à l’apaisement, et à reprendre parole avec les parlementaires. Nous voulons que les députés s’expliquent, au-delà des éléments de langage envoyés par la République en Marche. »

Jeunes agriculteurs se réunira début septembre pour faire le point sur la suite à donner au mouvement, mais poursuit sans attendre le dialogue avec la population, avec « l’ouverture des fermes cet été, et de fêtes comme celles des moissons et des récoltes, organisées par Agridemain dans plusieurs départements en août. Le dialogue, c’est le meilleur moyen pour nous d’expliquer notre métier. »

« Ce qui est interdit en France ne doit pas rentrer. Basta ! »

Le président de Jeunes agriculteurs tient par ailleurs à réaffirmer son opposition au Ceta : « Ce qui est interdit en France ne doit pas rentrer. Basta ! On n’en est pas à savoir si c’est une tonne ou 100 000 tonnes de produits importés ? Nous nous opposons au principe de faire entrer des produits qui ne correspondent pas à nos normes sanitaires et aux attentes du consommateur. »

Le syndicat demande à sortir les volets de l’alimentation et de l’agriculture, des négociations générales entre pays. « On ne peut pas comparer des portières de voiture avec de la viande. Cela concerne notre sécurité alimentaire ». Samuel Vandaele s’étonne enfin du silence de l’association de protection animale, L214, sur le dossier du Ceta.

Rosanne Aries

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